Travail, souffrance, liberté, aliénation, autonomie, progrès, capital humain, Karl Marx, création, Nietzsche, ordre social, déshumanisation, existentialisme
Dans le chapitre III de la Genèse, le travail est considéré comme un châtiment divin lorsque Adam, après avoir mangé le fuit défendu, est chassé par Dieu du Paradis, le condamnant à gagner son pain « à la sueur de [son] visage ». Ainsi, le travail, activité ayant pour but de produire ou contribuer à produire quelque chose d'utile dans l'ordre pratique et théorique, est intrinsèquement lié à l'effort et donc à la souffrance. Cette idée est renvoyée notamment par son étymologie latine « tripalium », qui désigne un appareil servant à immobiliser les animaux et évoque une soumission contraignante. Jugé spontanément comme une corvée, le travail est considéré comme un labeur que l'on cherche à éviter pour des temps de loisirs ou de paresse.
[...] Parfois aliénant, le travail peut ne pas permettre à l'individu de s'épanouir, lorsque celui-ci en arrive à ignorer ce qui peut lui donner satisfaction hors de son travail. Dès lors, il faut veiller à éviter ces formes de travail aliénantes et s'interroger sur l'occupation du temps libre. Il vaut mieux une société avec travail mais qui sait ménager des temps de loisirs et de paresse Les loisirs sont importants. En Grèce antique, on considérait que le travail devait être réservé aux esclaves et que les aristocrates s'éduquaient aux loisirs, c'est-à-dire à des activités capables d'humaniser, d'élever la conscience et l'intelligence de l'être humain. [...]
[...] Plus la matière résiste à l'être humain, plus celui-ci déploie des ressources physiques et intellectuelles pour la dompter. La sociabilité, la responsabilité, l'écoute, l'application, la patience sont des qualités qui émergent et se développent dans diverses activités. Plus qu'une activité, le travail a permis d'entraîner notre civilisation dans un progrès social et moral. Le travail permet aussi d'exploiter l'intelligence humaine. L'effort dans le travail humain, comme le dit Marx dans Le Capital, est très différent de la manière instinctive donc les animaux s'activent. [...]
[...] Le produit d'un travail naît donc d'une transformation consciente et progressive de l'environnement afin qu'il soit susceptible de répondre à nos besoins. De même, il nous révèle à nous-même et nous permet de nous construire. Pour toutes ces raisons, beaucoup sont persuadés que le travail est une bénédiction. Mais ne lui donner qu'une valeur positive ne doit pas nous faire oublier son côté négatif. Cependant, le travail présente des aspects néfastes. Le travail peut entraver la liberté individuelle et l'autonomie. [...]
[...] Dès lors, dans quelle mesure le travail permet-il de nous construire et de construire la société sans que celui-ci nous aliène et nous déshumanise ? Nous verrons que le travail est nécessaire pour qu'une société fonctionne et qu'il est bénéfique pour l'individu. Puis nous traiterons les aspects néfastes du travail. Enfin, nous définirons les conditions pour un travail qui n'aliène pas l'individu, et qui sait ménager des temps de loisirs et de paresse. Certes, le travail est nécessaire pour qu'une société fonctionne et il est bénéfique pour l'individu. [...]
[...] Le travail s'oppose au développement de soi et devient pour l'État un moyen de contrôler les individus et d'entraver leur désir d'émancipation individuelle. L'individu perd son énergie, mais aussi son autonomie. Il est en effet soumis à des lois qui ne sont pas les siennes : les horaires, les lois du marché qui l'obligent à une rentabilité, la loi des supérieurs hiérarchiques . Le conditionnement au travail, la négation de l'individu au nom du groupe, du profit prépare à l'uniformisation sociale. [...]
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