Discrimination positive, discrimination de genre, égalité, inégalité, Hume, Kant, morale humaine, principe de l'utilitarisme, éthique
Sujet :
La chaîne de magasins P&Y cherche à promouvoir l'égalité des sexes parmi son personnel. En effet, il y a peu de femmes cadres. Pour ses prochaines embauches, la chaîne compte préférer les candidatures féminines pour les postes de cadre. Une telle pratique est-elle une bonne politique pour favoriser l'égalité ? Peut-on recourir à la discrimination positive pour rétablir l'égalité ?
[...] Non, la discrimination positive n'est pas moralement acceptable car elle est à l'origine de principes moraux qui ne sont pas universels, c'est-à-dire des injustices qui ne prennent pas en considération le bonheur de tous selon la philosophie de Kant. Donc, la discrimination peut être moralement acceptable en vertu de l'équitable ou moralement inacceptable en tant qu'injustice. [Développement.] [Thèse.] A première vue, la discrimination positive est moralement acceptable car elle compense une inégalité afin d'atteindre l'équité. En effet, les inégalités qui découlent de la discrimination positive sont justifiées. [...]
[...] Cette action morale doit adopter un caractère universel. Cela signifie que tout individu possède la liberté de décider pour lui-même mais à condition de considérer tous les hommes de manière égale dans son bonheur à l'inverse de l'utilitarisme de Hume dont le bonheur par une action morale touche une majorité. [Synthèse.] Donc, la discrimination positive est nécessaire à notre société mais elle ne doit pas aboutir à une injustice. En effet, seules les inégalités sont tolérées dans notre société qui se veut juste, c'est-à-dire que tout individu est égal face à la justice. [...]
[...] Certes, la discrimination positive corrige notamment des préjugés, aide à l'égalité des chances mais elle doit être le fruit d'une réflexion afin de respecter la liberté et les égalités, valeurs fondamentales pour notre société. Cela signifie qu'une société juste ne peut s'épanouir avec une égalité stricte mais avec une égalité qui tolère des inégalités justifiées faisant l'objet d'une réflexion, une égalité associée à une dose d'inégalité. La discrimination positive pourrait favoriser l'égalité. Mais faute de miracles, faute de matériel, comment l'être humain peut-il évaluer l'ampleur de l'inégalité engendrée par une discrimination positive, sinon en agissant en toute conscience ? [...]
[...] Le principe de discrimination positive se retrouve surtout dans le domaine de l'éducation, dans le monde du travail . Cela consiste à ramener la notion de juste à l'utile c'est-à-dire l'utilitarisme apprécié par Hume au travers d'un acte moral pour assurer le bonheur de la majorité mais pas de la totalité. Ensuite, une société dépourvue d'inégalités est utopique. (Hume) Les hommes sont peut-être égaux vis-à-vis de la justice mais ils possèdent des compétences et des talents différents. Instaurer une société totalement égalitaire les empêcherait d'évoluer, de progresser. [...]
[...] Engager des femmes en recourant à la discrimination positive n'impacte en rien le fait que les cadres masculins et les cadres féminins soient égaux devant la justice, les règles, les lois. De plus, on ne peut pas instaurer une égalité parfaite entre les hommes mais on peut respecter l'égalité tout en conservant les différences de tous à l'inverse d'une égalité stricte qui empêcherait l'être humain de développer ses compétences. Tous les hommes sont différents par leur nature, leurs compétences, leurs talents. La discrimination positive peut être mise en place pour promouvoir l'égalité des chances. [...]
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