bonheur, désir, besoins primaires, plaisir, dépendance, épicurisme, stoïcisme
Être heureux, c'est l'expression d'un état qui témoigne d'une satisfaction, d'une plénitude. Je suis heureux à partir du moment où rien ne me manque qui me rende malheureux. Que me vaut cette plénitude ? Souvent, comme on l'a dit, elle provient du fait que je ne ressens pas de manque. Il est donc légitime de se demander si être heureux, ce n'est pas l'absence de désir. Pour être heureux, suffirait-il donc d'apprendre à se détacher un à un de ses désirs, n'éprouvant plus que le sentiment de vivre ?
[...] Par exemple, l'épicurisme est, beaucoup l'ont oublié, une ascèse qui vise au bonheur par la limitation des désirs et se différencie de l'hédonisme, qui fait coïncider bonheur et plaisir. Si différentes conceptions de l'existence s'établissent en fonction du désir, la question n'est pas de dire que l'une est meilleure que l'autre mais qu'elles peuvent coexister, témoignant ainsi du caractère protéiforme du désir. Le bonheur n'est donc pas ainsi la conformité à une norme partagée par le plus grand-nombre, mais au contraire l'exercice de notre liberté en fonction de nos désirs et des autres. [...]
[...] Cela voudrait dire que nous sommes encore plus dépendants que si nous sommes simplement en proie à des désirs que nous ne maîtrisons pas forcément. Il semble bien que le bonheur, pour passager qu'il soit, ne doive pas s'établir sur des fondements aussi précaires ou alors il ne serait que l'illusion de bonheur. La publicité est aujourd'hui l'exemple d'un désir créé ou encouragé de manière artificielle, qui joue sur la dimension mimétique du désir. Nous désirons par exemple quelque chose car nous éprouvons une forme de jalousie en voyant quelqu'un d'autre la posséder ou car nous désirons appartenir à un groupe en se la procurant, comme avec un vêtement de marque alors que nous pourrions nous satisfaire de n'importe quel autre vêtement. [...]
[...] Être heureux, est-ce ne plus avoir de désir ? Être heureux, c'est l'expression d'un état qui témoigne d'une satisfaction, d'une plénitude. Je suis heureux à partir du moment où rien ne me manque qui me rende malheureux. Que me vaut cette plénitude ? Souvent, comme on l'a dit, elle provient du fait que je ne ressente pas de manque. Il est donc légitime de se demander si être heureux, ce n'est pas l'absence de désir. Pour être heureux, suffirait-il donc d'apprendre à se détacher un à un de ses désirs, n'éprouvant plus que le sentiment de vivre ? [...]
[...] C'est le désir qui donne son sens au bonheur, et il ne peut y avoir de toute façon de bonheur sans malheur. C'est la raison pour laquelle on fait souvent coïncider le bonheur avec une forme d'innocence, qu'on associe souvent à l'enfance dont on fait, de façon un peu caricaturale, une sorte de période bénie, là où plus tard, regrets, responsabilités et désirs viennent s'insinuer dans le quotidien, sur fond de souci permanent. Certes, le désir possède des aspects qui nous limitent mais il est en même temps l'occasion de faire preuve de discernement. [...]
[...] Il semble bien qu'il soit un peu simple de se contenter de répondre par l'affirmative. Préalablement aux désirs, l'existence est réglée par des besoins primaires, qui sont le signe d'un état quasi incessant de privation. Ainsi me faut-il manger pour subsister, travailler pour assurer ma subsistance, etc. Ces besoins sont des contraintes où ne se reconnaît pas encore la faculté positive du désir. En effet, le désir est la version luxueuse du besoin, à l'intérieur duquel il crée de la singularité, en fonction d'un discernement propre. [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture