Intention, Épictète, contradiction, Descartes, volonté, désir, liberté, obligation, contrôle, libération, aliénation
Chacun de nous a déjà fait l'expérience de cette contradiction, d'avoir agi de façon contraire à ce que nous avions envisagé. Décider de parler franchement à quelqu'un, puis se taire ; envisager d'aller à la salle de sport, mais rester au chaud à la maison. Ces situations montrent qu'il peut exister un écart entre l'intention envisagée et l'action réellement réalisée. L'intention exprime ce que nous voulons faire et c'est elle qui précède et guide les actions. Dès lors, agir c'est mettre en action ce qu'on a voulu. Dans cette perspective, si nos intentions expriment ce que nous projetons de faire, comment est-il possible d'agir à l'encontre de celles-ci ?
[...] Elle peut refléter une division intérieure, comme chez Ovide ou Freud, ou bien être le signe que nos intentions sont elles-mêmes le fruit de déterminismes inconscients ou sociaux, comme l'explique Spinoza. Mais cette contradiction peut aussi être le lieu même de la liberté, lorsque l'individu, comme chez Kant, choisit d'agir contre une intention non morale, ou qu'il découvre, avec lucidité, que ses intentions ne lui appartiennent pas vraiment. Ainsi, agir contre ses intentions peut être une forme d'aliénation? ou un acte de libération. [...]
[...] Il affirme que « les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs actions, mais ignorants des causes qui les déterminent ». Il convient donc de distinguer, la volonté du désir. Le premier étant issu de la décision rationnelle, réfléchie, et libre, du second qui relève de la passion, contre lequel on ne peut lutter. Ainsi l'intention, ne serait pas une décision libre, mais déterminée par les affects. « Être libre » ce serait donc, agir sans être contrôlé ses affects pour pouvoir faire ce que l'on veut. Comment peut-on faire ? [...]
[...] Une autre illustration de ce phénomène pourrait être l'addiction : une personne dépendante à l'alcool peut avoir l'intention de cesser de fumer, mais ses besoins immédiats rendent la réalisation de cette intention extrêmement difficile. Ensuite des facteurs sociaux et culturels, peuvent également être déterminante dans notre action. Nous pouvons agir contre nos intentions par peur, par exemple, par désir d'être accepté dans un groupe. L'homme est soumis au regard des autres, à la pression sociale et décider de nous soumettre. Par ailleurs, il peut également arriver que nos actions ne coïncident pas avec notre Volonté. [...]
[...] Ces facteurs peuvent être des désirs, des émotions, des passions. Nous pouvons illustrer cela, par l'exemple d'une personne qui souhaite « avoir l'intention de réaliser des économies », mais qui cède régulièrement à la tentation d'acheter, lorsqu'elle rentre dans un magasin de vêtements. Dans cette situation ce n'est plus la raison qui détermine l'action. La personne perd en quelque sorte « le contrôle » de ses intentions premières et laisse ses pulsions prendre le dessus dans ses actions. « Les Métamorphoses » d'Ovide mettent parfaitement en lumière, ce phénomène. [...]
[...] Peut-on réussir à contrôler ses affects ? Dans un troisième temps, nous pouvons avancer l'idée que l'homme est toutefois capable d'avoir le contrôle sur ses actions, et de retrouver ainsi sa liberté. Descartes évoque l'idée d'une liberté éclairée, selon laquelle « je choisis ce que je sais être la meilleure option », en allant du côté vers lequel nous porte la raison. Pour Spinoza, l'homme libre est celui qui comprend pourquoi il a agi, même s'il agit mal. C'est ce que l'on nomme le déterminisme : déterminer quelque chose c'est avoir une connaissance du fait que les choses sont déterminées par des causes précises. [...]
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