Justice sociale, justice, coutumes, lois, désobéissance civile, tyrannie politique, rapports sociaux, Éthique à Nicomaque, conscience, morale
Se pose la question complexe du rapport entre trois notions : les lois et coutumes en vigueur suffisent-elles à garantir la justice ? Ou faut-il parfois se détacher du contexte culturel et juridique dans lequel on évolue pour agir de façon juste en tous points ? En d'autres termes, l'obéissance passive aux règles établies permet-elle d'atteindre cet idéal moral et philosophique que constitue la justice ?
[...] En outre, l'approche culturaliste défendue par certains postmodernistes nie parfois la possibilité de fonder des droits universels. Selon eux, les normes ne seraient que relatives aux sociétés qui les produisent. Dans cette perspective, il serait impossible de définir un noyau universel de droits humains valables pour tous. Puisque les normes ne seraient qu'un construit culturel contingent, on ne pourrait juger les m?urs d'une société à l'aune de critères extérieurs. Or, une telle conception risquerait de légitimer certains particularismes culturels portant atteinte aux libertés fondamentales. [...]
[...] De plus, tout acte de désobéissance engage la responsabilité de son auteur. Celui qui y aurait recours de manière excessive ou dans son intérêt personnel plutôt que collectif s'exposerait légitimement à des sanctions de l'État ou de ses concitoyens. Ainsi, pour François Gros, il convient « d'obéir dignement, désobéir éthiquement » aux lois inéluctables. Cela inclut d'une part de ne pas obéir aveuglement comme l'a prétendu Eichmann (haut chef nazi) lors de son procès, pendant lequel il n'a cessé de revendiquer la moralité de son obéissance. [...]
[...] Selon Rousseau « le peuple soumis aux lois doit en être l'auteur ». Il établit ainsi des lois conformes à la volonté générale, c'est-à-dire à ce qu'il y a de commun en la volonté particulière de chacun. Les lois ne peuvent donc pas être illégitimes. Mais qu'en est-il lorsque les lois sont établies par un régime despotique qui les fixe selon son propre intérêt ? Les hommes doivent donc obéir à des lois qui leur apparaissent illégitimes puisqu'elles ne servent plus l'intérêt général mais celui d'un tyran. [...]
[...] En effet, au-delà du cadre juridique formel, ce sont les usages et traditions communément admis qui permettent aux membres d'une société de partager des repères communs dans leur vie quotidienne. Les coutumes véhiculent effectivement tout un ensemble de normes implicites régissant les interactions au sein de la société. C'est ce que Durkheim a analysé à travers le concept d'anomie. Dans son célèbre ouvrage Le suicide, il définit cette dernière comme un état de dérégulation sociale lié à l'absence de normes collectives. [...]
[...] Ces lois sont l'expression de la volonté générale du peuple souverain selon Rousseau. Elles ont valeur de justice absolue car émanant directement du consentement communautaire. En établissant des règles précises concernant les domaines comme la propriété, les conflits juridiques, la fiscalité, elles fournissent à chaque citoyen un cadre de vie sécurisé et prévisible. Dans l'Athènes antique décrite par Platon, des lois écrites structurent également la cité, définissant des peines et récompenses visant à promouvoir des valeurs fondatrices telles que le courage ou la piété. [...]
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