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Si nous voulons mieux connaître et comprendre la conscience musulmane, il nous faut alors effectuer des distinctions nécessaires et notamment délier et ôter la partie religieuse de ce que nous nommons l'Islam.
Cela semble étrange de prime abord, mais nous considérons pourtant qu'il en a été fait de même pour la communauté juive que nous n'identifions pas nécessairement qu'au travers de l'aspect religieux, mais plutôt au travers de la sphère historique et sociale. Aussi, quand nous parlons des « Juifs », nous pensons à un peuple unifié, à une identité culturelle, à un héritage historique commun et un passé douloureux, à un langage, etc.
Dissocier ainsi l'aspect religieux nous permet d'envisager tous les autres aspects nécessaires qui permettent de fonder à la fois une conscience collective, mais également une conscience individuelle.
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Aussi, penser l'aspect religieux seul en essayant de comprendre la conscience des individus qui partagent des valeurs morales et religieuses en commun n'est vraisemblablement pas adéquat.
Partant de ce postulat, nous allons donc penser l'Islam sans l'aspect religieux, mais en gardant plutôt en tête les aspects historiques, culturels, moraux, identitaires, langagiers communs.
[...] Cet état de fait peut faire écho à la situation que nous avons décrite concernant les musulmans. Pour autant, Hegel n'en reste pas là et observe que tous les rapports de force et de domination tendent à se muer voire même à s'inverser. Car, celui qui domine ne domine pas pour toujours. En fait, il agit de moins en moins, devient moins vigilant et toujours plus dépendant du dominé ; quand le dominé s'émancipe en travaillant, apprend à tout faire par lui-même et est pleinement indépendant du dominant. [...]
[...] Le point de vue religieux l'emporte presque toujours. Mais il n'est plus question aujourd'hui de lui laisser le contrôle absolu, sans quoi la porte s'ouvrira grande à la marginalisation ou encore à la crise identitaire, toutes choses qui mènent à l'extrémisme, faut-il encore le rappeler. Le temps est arrivé de laisser chacun penser par lui-même sans craindre d'être rejeté d'une « communauté » qui n'existe pas vraiment, le temps aussi est venu pour que les normes religieuses soient maintenues à leur place, une place désacralisée que l'on peut critiquer le cas échéant. [...]
[...] Ses discours répétitifs sur le jugement dernier, les péchés, le paradis et l'enfer ont un effet abrutissant. Pourtant, ce fut l'un des courants les plus en vogue et les plus diffusés. Le miracle des pétrodollars? Une fois encore, la minorité musulmane en a fait les frais. Des membres de sa jeunesse ont obtenu des bourses saoudiennes afin de suivre des études notamment à l'université de Médine. Cette tendance idéologique dispose de librairies-maisons d'édition. Comme d'autres, elle a aussi investi le web. [...]
[...] Si les militants de l'islam politique semblent choisir de s'accommoder de la laïcité en Belgique, les mêmes sont souvent de farouches opposants à son instauration dans le pays d'origine ou dans les pays dits « arabes » en général. Car ils lui préfèrent un État dont la constitution mentionnerait l'islam comme religion d'État et passent à la trappe la liberté de conscience. Sans parler de ceux qui fantasment purement et simplement sur la restauration d'un califat islamique. A propos des libertés individuelles, certains de nos grands défenseurs de la cause du foulard (mais pas des femmes) sont peu prompts à critiquer le sexisme de façon générale. [...]
[...] Car l'islamité se situe au carrefour d'une appartenance collective et d'un lien très individuel. Que l'on vive ce lien de façon laïque ou religieuse, cet héritage, cette histoire, nous colle à la peau. Même si les fondamentalistes religieux ne cessent de faire le primat de la religion (l'islam), sans se poser la question de savoir si cette posture envers les Musulmans ne les sclérose pas socialement. Pour faire primer la lutte sociale, la sortie de l'islam essentialiste n'est pas une option. Nous pensons que la liberté et le droit des individus doivent en effet l'emporter sur les droits d'une prétendue communauté ou d'un culte. [...]
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