Nature, Homme, pouvoir, Sophocle, éthique, sociologie, Hans Jonas, condition humaine, Innovation et progrès technique, responsabilité écologique
Cette étude de documents vise à répondre à 3 questions sur le thème des rapports entretenus par l'Homme avec la nature, de l'Antiquité à nos jours.
[...] Et ce nouvel ordre de grandeur crée une dissociation entre la sphère de l'intime (au sein duquel la justice et le respect d'autrui agissent encore) et la sphère de ce que H. Jonas nomme "l'agir collectif", à l'échelle de la planète, où il est difficile de faire respecter la justice. Dans cet agir collectif naît une nouvelle éthique, propre à l'homme contemporain : la responsabilité de la « biosphère entière », responsabilité vertigineuse pour l'homme. Que faut-il entendre par "vulnérabilité critique de la nature" ? Par "vulnérabilité critique de la nature", H. [...]
[...] Le pouvoir de l'Homme sur la nature Quel est le sens de l'hommage rendu à l'homme par Sophocle et quelles sont ses limites ? Dans Antigone, Sophocle rend hommage à l'homme en l'instaurant comme celui le plus à même de dompter une nature pourtant sauvage, et ce à la fois dans le ciel, sur terre et sur mer. Le rapport de l'homme à la nature est conflictuel, car cette dernière lui est hostile, notamment par le biais des éléments naturels : la mer est déchaînée (c'est le lieu des "orages" et "des abîmes" entre "les flots soulevés") mais l'homme parvient à la parcourir et à y récolter de quoi se nourrir (les poissons), tandis que la terre est labourée afin de vivre de l'agriculture et le gibier est soit chassé, soit dompté, et ce malgré les "traits de gel ou de la pluie". [...]
[...] Jonas entend une nouvelle conception du rapport hiérarchique entre l'homme et la nature. Chez Sophocle, l'homme dominait la nature, certes, mais de manière bien éphémère, et cette dernière lui était toujours supérieure car éternelle. Aujourd'hui, le savoir et la technique de l'homme sont tels que s'ouvre "une nouvelle dimension de responsabilité jamais imaginée auparavant" par la réalisation de cette "vulnérabilité critique de la nature", soit la dégradation durable de la nature par l'homme. L'homme est toujours éphémère mais la nature se révèle l'être aussi : elle est vulnérable et durablement endommagée par les actions de l'homme, comme dans le cas de la destruction de la couche d'ozone par l'utilisation massive de produits industriels. [...]
[...] De plus, comme le relève H. Jonas, l'homme, malgré ses capacités, reste en deçà de la nature. En effet, il ne peut rien contre la mort : sa domination sur la nature n'est donc qu'éphémère car elle est limitée dans le temps, de sa naissance à sa mort. Cette domination doit être constamment actualisée tandis que la nature, elle, est éternelle et toute puissante. Ainsi, malgré "toute la grandeur de son ingéniosité illimitée, l'homme, comparé aux éléments, est toujours encore petit", écrit H. [...]
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