Continuation des Amours, Ronsard, poème, poésie française, sonnet, Renaissance, bouquet, fleurs, beauté, temps, Carpe diem, vanité, amour, séduction, métaphore, femme
Considéré de son vivant comme « le Prince des poètes », Ronsard est l'un des principaux représentants de la Pléiade, groupe de poètes de la Renaissance qui, pour transformer la langue et la littérature françaises, préconisent l'imitation créatrice des Anciens. Avec le poème « Je vous envoie un bouquet », extrait du recueil Continuation des Amours, Ronsard reprend le motif épicurien du « Carpe diem ». Le sonnet, écrit en décasyllabes, se présente comme un billet qui accompagne un envoi de ?eurs : les mots comme le bouquet chantent l'amour de leur destinataire et l'appellent à profiter du temps présent.
[...] Continuation des Amours, Je vous envoie un bouquet - Pierre de Ronsard (1555) - Comment les motifs lyriques de l'amour et du temps servent-ils la stratégie de séduction menée par Ronsard ? Pierre de Ronsard, Je vous envoie un bouquet, Continuation des Amours Considéré de son vivant comme « le Prince des poètes », Ronsard est l'un des principaux représentants de la Pléiade, groupe de poètes de la Renaissance qui, pour transformer la langue et la littérature françaises, préconisent l'imitation créatrice des Anciens. [...]
[...] Les vers 9 et 10 alignent des monosyllabes qui résonnent comme les coups du destin : la marche du temps - proclamée par deux fois au vers 9 - n'est pas seulement une vérité générale - « le temps s'en va » - dont le poète et sa « dame » pourraient être épargnés. Au contraire, le vers 10 souligne sa réalisation dans le destin des futurs amants avec une négation suivie d'une recti?cation placée à l'hémistiche : « le temps non, mais nous nous en allons ». La répétition des mots et les échos sonores ne laissent aucune échappatoire. [...]
[...] Le poème ressemble à une vanité, genre pictural qui propose une méditation sur la mort en associant les symboles de la beauté, de la jeunesse (parmi lesquels les ?eurs) et ceux du temps destructeur et de la mort. La progression fatale gagne en intensité à mesure qu'avance le poème : le premier quatrain marque le déclin avec le participe passé « chutes » mis en valeur en début de vers devant son auxiliaire « fussent » ; toutefois il s'agissait seulement d'une hypothèse et les ?eurs ont été sauvées par le poète. [...]
[...] On retrouve donc dans ce sonnet le motif lyrique traditionnel de la déploration sur la fuite du temps ; toutefois la méditation sur le caractère éphémère de la beauté et des plaisirs ne rend que plus intense l'invitation à en pro?ter. La célébration de la beauté de la femme tout comme la vision anticipée de son dépérissement participent d'une véritable stratégie de séduction : le dernier vers débute par un connecteur logique « Pour ce » indiquant la conséquence qui doit suivre l'énoncé des causes développées dans le poème. [...]
[...] Toutefois, la correspondance entre la femme et les ?eurs n'est pas seulement l'occasion pour le poète d'offrir un compliment galant : d'emblée leur destin fatal est annoncé. Le second quatrain construit comme le premier avec des rimes embrassées, fait se succéder « ?euries » et « ?étries ». L'allitération en des paronymes souligne le glissement qui s'opère brusquement mais naturellement entre l'éclosion de la beauté et son effacement : les deux termes forment une antithèse pour le sens mais produisent des sons proches qui semblent imiter celui des pétales qui tombent. [...]
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