Phèdre, Racine, théâtre, pièce de théâtre, tragédie, amour, inceste, Mythologie, souffrance, lyrisme, Euripide, passion
Phèdre porte en son sein une multitude de contradictions, dont l'acte II de la scène 5, qui en constitue l'expression la plus intense, voire paroxystique. Dans cet acte II de la scène 5, le personnage de Phèdre, épouse de Thésée - qu'elle croit mort -, avoue ses sentiments incestueux à son beau-fils, Hippolyte. Cette scène représente dès lors un point culminant de cette tragédie et en exprime les plus grands fondements.
[...] 700) rappelle le lien d'Hippolyte avec son défunt mari, comme pour éviter d'affronter cette réalité et enfin « La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte ? » (vs.702) soulignant son aveu final et détourné. C. Un appel à la réponse d'Hippolyte Finalement, cette scène montre une tension paroxystique, puisqu'elle est avant tout, une demande détournée de Phèdre et un appel à la réponse d'Hippolyte. Comme, le montre, son discours celui-ci est régulièrement parsemé de questions montrant son attente indirecte envers Hippolyte : « Que faisiez-vous alors ? Pourquoi sans Hippolyte ? Des héros de la Grèce assembla-t-il l'élite ? » (vs. 645-646). Dans un premier temps, Phèdre pose des questions rhétoriques auxquelles elle apporte des réponses. [...]
[...] Une stylistique au service de la dimension tragique A. La mise en oeuvre d'une écriture du mouvement Tout d'abord, cet acte II de la scène tend à porter le lecteur dans un passage rythmé, dans laquelle Phèdre, puisqu'elle semble perdre ses moyens et comme exprimer sa folie, est porté par une véritable valse, entre des phrases permettant d'affirmer de manière prompt son amour « j'aime » (vs. 673), de dénoncer le rejet d'elle-même dans cette situation à travers une phrase présentant une graduation : « Je m'arbore encore plus que tu me détestes » (vs.678) ou encore à travers des phrases ponctuant d'abord de manière simple ses phrases montrant un calme apparent « pour mieux, te résister j'ai recherché ta haine » (vs.686), puis des phrases exclamatives montrant que Phèdre s'emporte dans cette situation : « Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime » (vs. [...]
[...] Ce torrent de sentiment qui doit s'exprimer se matérialise également par le tutoiement qui intervient dès ce vers 671 et par l'intervention subite du verbe aimer répéter deux fois au vers 673. Aussi, malgré l'arrivée subite du tutoiement et du verbe aimer dans son discours à partir du vers 671, Phèdre n'ose pas explicitement dire la réalité de ses sentiments à Hippolyte, et cela passe notamment par l'usage de périphrases, nombreuses dans le texte 8, pour imager la vérité : « Objet infortuné des vengeances célestes » (vs. [...]
[...] En effet, au début de l'acte II, scène elle commence tout d'abord par parler de son demi-frère : « mon fils n'a plus de père » (vs. 587). Comme l'analyse, David Foncesca, Phèdre s'immisce dans une posture mensongère, en abordant la situation politique succédant à la mort de Thésée, plutôt que d'aborder directement son amour pour Hippolyte. Avant de finalement pleinement se lancer, au vers 591, où elle introduit son aveu par la personnification du remords : « Mais un secret remords agite mes esprits ». [...]
[...] De cette observation, Racine fait le choix d'amplifier ces traits pour en faire une tragédie saillante. Et c'est notamment dans l'acte II de la scène 5 que le lecteur prend la mesure de l'importance du tourment du personnage de Phèdre, et qu'il assiste à l'expression de ce qui la déchire depuis le début de la pièce : des sentiments ardents, cachés et incestueux envers son beau-fils Hippolyte. C. Une mise en scène du combat intérieur de Phèdre Chez Racine comme chez Euripide, l'histoire met en scène une Phèdre éperdument amoureuse et déchirée par son combat intérieur. [...]
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