Monique Brandily, Teda, langue téda, Toubous, Tibesti, ethnomusicologie, CNRS Centre National de la Recherche Scientifique, kelili, kiiki, luth, vièle, musique africaine, anthropologie, ethnologie, culture sonore, instrument musical, traditions musicales, fabrication d'un instrument, Max-Yves Brandily, musicologie, musique, rituel, Musée de l'Homme, documentaire, culture
Cette vidéo, réalisée en collaboration avec Max-Yves Brandily en 1978, a été produite directement par le Département d'ethnomusicologie du Musée de l'Homme, affilié au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Elle met en lumière le travail d'observation participante menée par la chercheuse. Il est intéressant de noter que la forme documentaire reproduit à la fois certains codes de l'écriture académique - le documentaire est d'ailleurs présenté comme une publication - et une oeuvre qui se veut neutre, comme un élément brut à analyser. Véritable source d'information, inspiration méthodologique, ce documentaire interroge donc la fabrication des instruments comme rituel social, autant que le rôle de la musique dans l'espace collectif.
[...] Le Luth et la vièle des Teda du Tibesti - Monique Brandily (1978) - Que signifie la fabrication des instruments, et quel est le rôle de la musique dans l'espace collectif ? Analyse du film : Le luth et la vièle des Teda du Tibesti Introduction Anthropologue et ethnologue spécialisée dans les musiques africaines, Monique Brandily a marqué l'histoire de ces disciplines en ouvrant de nouveaux champs d'analyse et de nouvelles méthodes d'enquêtes. En se spécialisant sur la région du Tibesti, située dans le Nord du Tchad, cette chercheuse a su manifester un intérêt particulier aux cultures musicales, en forgeant les armes théoriques et empiriques de l'ethnomusicologie. [...]
[...] Habités par les Teda (ou les Toubous), une ethnie tribale musulmane séparée par les frontières coloniales, aux traditions simples et adaptées à leur environnement, la musique a su trouver une place particulière. Une rapide description d'une activité collective - la fabrication d'un instrument - montre bien l'importance de la culture sonore. En effet, le keleli est un instrument de la famille des luths, joué uniquement par les hommes et doté d'un manche dont la mesure est savamment calculée (d'une mesure d'une coudée). [...]
[...] Voir la fabrication des instruments, les sons qu'ils rendent et les interprétations qu'ils offrent, sont autant d'éléments nouveaux promus par la méthode d'enquête offerte par l'ethnologue. En somme, ce film documentaire donne une véritable immersion dans cette communauté tout en offrant des clés de lecture indispensables à la compréhension de la musique des Teda. La culture de cette société se définit, donc, par un usage très particulier du son et de l'instrument. D'un point de vue méthodologique, Monique Brandily nous offre une nouvelle définition nouvelle des sources et des modes de rendus de l'ethnologie. [...]
[...] De la même façon, ce bois naturellement lisse et courbe correspond aux intérêts sociaux de la musique dans la sphère sociale. Par ailleurs, l'usage d'une peau trempée dans l'eau comme un tambour, puis séchée à l'intérieur du sable (afin d'éviter le dessèchement), est le signe d'une maîtrise des traditions pastorales des Toubous. L'enquête audiovisuelle menée par Monique Brandily montre bien la ritualisation des étapes de fabrication. Le film met en lumière la manière dont l'activité de fabrication est sexuée - seuls des hommes ont le droit de jouer mais l'on croit reconnaître la voix d'une femme, réduite à des fonctions d'artisan, tous sont assis à même le sol - mais aussi transgénérationnelle : le documentaire offre à voir deux jeunes entourés d'autres individus encore plus jeunes qui les observent comme si derrière cette scène se trouvait un temps de transmission. [...]
[...] Ces analyses reprennent les nombreux travaux de l'ethnologue sur la question du langage chez les Teda1. Conclusion Dans une première partie, le documentaire de Monique Brandily nous offre une description très précise de la fabrication du kelili. Les images concrétisent totalement les multiples explications à la fois techniques et artistiques. Les démarches méthodologiques de l'écriture du documentaire, très proche de la publication académique, trouve ici un intérêt supérieur. Dans une seconde partie, nous avons vu comment ce documentaire évoquait la place de la musique chez les Teda du Tibesti. [...]
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