Crise économique, revendications économiques, démocratie représentative, système économique, répartition de la richesse, Gilets Jaunes, protestations chiliennes, mouvement anti-Bouteflika, manifestations à Hong-Kong, manifestations au Liban, manifestations en Russie, austérité budgétaire, opinion citoyenne, néo-libéralisme économique, pouvoir d'achat, syndicats, finances publiques, prestations sociales
La fin de l'année 2018 et l'année 2019 démontrent être une grande période de revendications sociales et politiques dont les contours sont parfois difficiles à définir précisément. Cependant, des manifestations des Gilets Jaunes en France aux protestations chiliennes, du mouvement anti-Bouteflika en Algérie aux manifestations au Liban, à Hong-Kong ou encore en Russie, il est possible de noter plusieurs points communs entre toutes ces composantes d'un mouvement social global.
[...] De même, ces mouvements sont, dans leur grande majorité, le théâtre de revendications diverses et parfois contradictoire dont le manque d'unité ne permet que difficilement une récupération par les camps politiques traditionnels. Par ailleurs, la dimension politique de ces mouvements est une autre composante qui semble tous les lier. De ces revendications économiques sont rapidement nées des revendications politiques, poussées par une défiance forte vis-à-vis du personnel politique mais aussi par des systèmes démocratiques jugés obsolètes. Sur ce point, les manifestations de Hong-Kong, bien que répondant à une logique géopolitique propre, démontrent cette même défiance et ce souhait de faire pression sur un personnel politique jugé corrompu. [...]
[...] Je suis par ailleurs partagé(e) sur la question des violences dans ces manifestations. A la fois elles me semblent souvent vaines et néfastes pour l'image de ces mouvements sociaux mais dans le même temps génère un niveau de risque pour les dirigeants, seul facteur à même de les amener à entendre, partiellement, les revendications. Il semble dès lors que les résoudre passera notamment par la réussite de plusieurs objectifs et notamment : - L'isolation et la neutralisation des éléments radicaux de ces manifestations permettant l'apaisement nécessaire à la formalisation de revendications claires et possibles. [...]
[...] Il est difficile de dire combien de temps peuvent durer ces manifestations dans la mesure où les mouvements sociaux sont par essence, cycliques et tendent à ressurgir à terme si les revendications profondes ne sont pas satisfaites. Il est cependant possible de constater que leur « institutionnalisation » et notamment leur récupération par des syndicats sont souvent un premier signe de leur déliquescence. Ainsi, il est possible de considérer que ces manifestations sont le prolongement du désir renouvelé des peuples de reprendre en main leur destin dans un environnement économique qui a démesurément restreint le champ politique. [...]
[...] Tout d'abord, il semble important de noter que ces manifestations peuvent être considérées, pour leur composante sociale et concernant les revendications essentiellement économiques, comme un contrecoup logique et attendu de la grande phase d'austérité budgétaire provoquée par la crise économique et financière de 2008 et 2009. Le coup de boutoir porté par ces crises sur les finances publiques des pays a ainsi considérablement poussé les gouvernements à réduire les prestations sociales d'une part mais aussi à baisser les salaires dans une logiques de compétitivité. L'échec de cette stratégie généralisée est aujourd'hui matérialisé par les manifestations sur le thème du pouvoir d'achat. [...]
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