Automobile, lobbying, ONG Organisation Non Gouvernementale, EBC European Business Council, Toyota, Nissan, Honda, constructeur automobile, industrie automobile, Japon, marché japonais, JEFTA Japan-EU Free Trade Agreement, UE Union Européenne, commerce international, JETRO Japan External Trade Organization, SEAE Service Européen pour l'Action Extérieure, JMC Japan Machinery Center, ACEA Association des Constructeurs Européens Automobile, OTC Obstacles Techniques au Commerce, JBCE Japan Business Council in Europe, METI Ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Investissement, JAMA Japan Automobile Manufacturers Association, JAIA Japanese Autombiles Importers Association, lobby japonais, transparence, voitures électriques, économie de marché, marché européen
En lien avec la volonté politique de veiller aux risques de l'influence des institutions par des groupes de pression, il demeure pertinent dans une perspective géopolitique de s'interroger sur le conflit éthique qui suppose que les organisations dirigées par des personnes non élues de manière démocratique disposent de la possibilité légale d'influencer la prise de décision au sein des institutions européennes, ce qui, à terme, peut être envisagé comme un moyen de légaliser des pratiques de pression et de corruption difficilement présentables à l'opinion publique. Dans cette logique, nous avons souhaité nous focaliser concrètement sur les groupes de lobbies japonais du secteur automobile. À ce titre, le cas du Japon demeure pertinent, puisqu'il compte dans les pays dont les entreprises sont inscrites au registre de transparence, et que l'entrée en vigueur de l'Accord de Partenariat Économique (APE) entre l'UE et le Japon en 2019 a représenté une étape importante dans les relations commerciales et d'investissement entre l'UE et un pays majeur du continent asiatique qui demeure à ce jour la troisième puissance économique mondiale derrière les États-Unis et la Chine. [...]
Nous souhaitons, dans le cadre de ce présent travail, comprendre comment, dans le sillage de l'APE, les grandes entreprises japonaises obtiennent des accords intéressants pour exporter vers l'Europe dans le secteur de l'automobile.
[...] Les exportateurs doivent être conscients que rompre les relations avec un distributeur actuel au profit d'un autre pourrait nuire à leur réputation et, par conséquent, à leur capacité à faire des affaires. Dans cette logique, il nous faut comprendre comment s'effectue l'activité du lobbying à l'intérieur des institutions européennes. De ce fait, nous pouvons cristalliser notre problématique de la façon suivante : Dans quelles interfaces les acteurs impliqués dans les activités de lobbying vont-ils interagir ? Autrement dit, concrètement, qu'est-ce qui va caractériser le lobbying japonais comparé à la manière à l'européenne, comment les acteurs japonais mettent cela en oeuvre au sein de l'UE ? [...]
[...] En revanche, les petits groupes disposant de moins de ressources auront beaucoup plus de difficulté à trouver des points de contact. C'est pour cela que, pour tenter de réduire ce déséquilibre, le Parlement européen dans le cas de l'UE et la Commission financent des associations aux intérêts largement répandus, qui disposent généralement de moins de ressources et de capacités organisationnelles33 (Robert, 2010). Si d'un côté ce soutien permet à de nombreuses organisations de survivre, de l'autre il y a celles qui expriment des doutes sur leur autonomie, compte tenu de leur dépendance aux financements européens. [...]
[...] Les associations professionnelles traditionnelles comme Keidanren ont une longue histoire de « lobbying » au Japon et elles peuvent avoir des règles internes pour le financement politique et d'autres questions70 (Tiberghien, 2006). Ainsi, certaines entreprises japonaises emploient d'anciens hauts fonctionnaires après avoir pris leur retraite de la fonction publique. C'est ce qu'on appelle en langage vernaculaire Amakudari. Ces retraités conseillent leur entreprise comme demandé et jouent parfois des rôles encore plus importants pour l'employeur71 (Poupée, 2012). Dans de nombreux cas, ces retraités sont d'anciens hauts fonctionnaires qui étaient autrefois responsables de la réglementation des entreprises. Amakudari s'est développé avec le système d'emploi à vie et le système d'ancienneté pour les fonctionnaires72 (Poupée, 2012). [...]
[...] En 2021, l'UE a exporté des voitures pour une valeur de 12,666 millions d'euros vers le Japon, tandis que le Japon a vendu des voitures pour une valeur de 7,778 millions d'euros à l'UE, soit un excédent pour l'UE de 4,888 millions d'euros103. Finalement, il nous faut évoquer un dernier point qui permet de mieux rendre compte du succès apparent et futur du lobbyisme dans le secteur automobile concerne la voiture dite de demain, c'est-à-dire la voiture électrique. En effet, me gouvernement japonais, ainsi que de nombreux acteurs du secteur automobile japonais, sont très intéressés par le développement de batteries pour voitures électriques. [...]
[...] Toutefois, la puissance de la JAMA est indéniable pour faire passer ses intérêts en direction des plus hautes instances européennes. Comme nous l'a expliqué Mark Saburi au cours de son entretien, la JAMA dispose d'un réseau très solide et la plupart, si ce n'est la totalité des constructeurs automobiles japonais ont rejoint cette association, comme nous avons l'envisager précédemment. De facto, selon notre interviewé : « Ce genre d'entité pousse le gouvernement à une revendication politique ». C'est donc dans cette perspective qu'il faut rendre compte de la puissance de la JAMA qui est désormais l'une des associations les plus grandes et les plus puissantes qui fut longtemps dirigée par Akio Toyoda (Président de Toyota) en tant que président de l'association alors que c'est actuellement Masanori Katayama, le PDG d'Isuzu Motor qui demeure à la tête de l'organisation. [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture