Gratte-ciel, Villeurbanne, urbanisation, architecture, structure urbanistique, démographie, géographie
Pour saisir la structure architecturale et urbanistique de la ville de Villeurbanne, il semble important d'en envisager l'histoire et les caractéristiques géographiques et de population. En effet, Villeurbanne est, au début du XIXe siècle, une petite bourgade agricole d'environ 2000 habitants aux portes de Lyon. Cette ville va cependant, du fait de l'industrialisation générale de la France, notamment au début du XXe siècle, mais aussi après la Seconde Guerre mondiale, connaître une transformation urbanistique et démographique particulièrement importante, notamment en accueillant une grande partie de la population ouvrière, principalement immigrée. Ces changements vont amener le pouvoir politique de l'époque à anticiper les changements de structure urbanistique nécessaires pour répondre aux nouveaux besoins et aux nouvelles modalités de travail et de déplacement urbain.
[...] « Son "Palais" comporte un corps central et deux ailes, à gauche un dispensaire et un bureau d'hygiène, à droite des salles de réunions et des bureaux pour les sociétés et autres associations. Le bâtiment central abrite un théâtre (le TNP aujourd'hui), une brasserie-restaurant et en sous-sol, une piscine. »4. Ces bâtiments sont les premiers gratte-ciel de France, marque d'une nouvelle approche de l'urbanisme. Ainsi, il paraît intéressant de noter que de grands principes ont présidé à la construction des gratte-ciel de Villeurbanne, transformant l'urbanisation de la ville. Cependant, pour en mesurer l'héritage, il convient de faire le bilan de ces structures au regard des objectifs initialement définis. [...]
[...] Ainsi, cette démarche va naturellement pousser vers le choix des gratte-ciel. Dans le même temps, l'architecte de plusieurs de ces tours, Morice Leroux, va intégrer les impératifs hygiénistes à la conception de ces gratte-ciel notamment en mettant fin au principe de la cour intérieure, souvent jugé comme facteur de développement de la vermine et des maladies dans les environnements pauvres. Les gratte-ciel se veulent ainsi une incarnation des principes socialiste : hygiène, rationalité, esthétique, économie. Les deux tours de 19 étages constituent la porte de la cité. [...]
[...] À titre de conclusion, il semble que l'héritage des gratte-ciel de Villeurbanne doive plus être compris comme la prééminence des valeurs portées par ce projet et notamment la tendance actuelle à valoriser les projets de réhabilitation des périphéries urbaines plutôt que dans la notion même de gratte-ciel. Les concepts hygiénistes qui en sont à l'origine sont ainsi toujours au c?ur du fonctionnement de la question sociale en urbanisme mais cette dernière intègre désormais de manière plus forte la notion de mixité sociale comme une composante essentielle de ce type de projet. [...]
[...] Les influences et l'héritage des gratte-ciel de Villeurbanne Pour saisir la structure architecturale et urbanistique de la ville de Villeurbanne, il semble important d'en envisager, rapidement, l'histoire et les caractéristiques géographiques et de population. En effet, Villeurbanne est, au début du XIXe siècle, une petite bourgade agricole d'environ 2000 habitants aux portes de Lyon. Cette ville va cependant, du fait de l'industrialisation générale de la France notamment au début du XXe siècle mais aussi après la Seconde Guerre mondiale, connaître une transformation urbanistique et démographique particulièrement importante notamment en accueillant une grande partie de la population ouvrière, notamment immigrée1. [...]
[...] En effet, l'augmentation progressive du taux de chômage et la baisse de la production industrielle à partir du milieu des années 70 a ainsi eu tendance à concentrer dans les espaces périphériques de la ville de Lyon une forme de pauvreté sociale que la structure urbanistique n'a pas su empêcher5. Parallèlement, ces deux échecs s'accompagnent de l'incapacité de Villeurbanne à s'imposer comme un centre en capacité de faire concurrence à la ville de Lyon à la fois du fait d'un sous-développement des structures de production mais aussi d'un phénomène de concentration, du fait même de cette politique sociale, d'une partie importante et croissante d'une classe populaire en situation de paupérisation mais également de décalage culturel du fait de la forte concentration des populations récemment immigrées en France. [...]
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