Mensonge, système politique, pouvoir, Platon, gouvernance, pharmakon, remède, communication de crise, contrat social, droit de mentir, Kant, devoir de véracité, croyance, trahison, stabilité politique, émotions, perception, réalité, vérité
Dans le livre III de La République, Platon soutient que le mensonge peut être légitime lorsqu'il contribue au bon gouvernement de la Cité. Il évoque alors l'idée d'un « noble mensonge », lorsqu'une fiction est élaborée par les dirigeants dans l'intérêt du bien commun et afin de créer un destin commun entre les citoyens. Cette vision utilitariste du mensonge en politique revient cependant à se questionner sur les limites morales du pouvoir et sur les potentiels risques de manipulation des consciences par ces dirigeants. [...]
Ainsi, à l'heure où ces attentes sont croissantes et que l'éthique des classes dirigeantes est régulièrement mise en doute, une question essentielle se pose : peut-on gouverner sans mentir ?
[...] Comme l'affirmait Quintilien au livre 12 de son ouvrage l'Institution oratoire, l'orateur doit avant tout être vertueux et il ne doit pas utiliser ses paroles dans le but de manipuler et donc d'arriver à ses fins. En effet, comme l'affirmait le philosophe allemand Emmanuel Kant dans son essai "Sur un prétendu droit de mentir par humanité" : "Le devoir de véracité assure la valeur de tous les engagements fondés sur des contrats. Le mensonge constitue une violation de l'essence même de la parole - laquelle se veut l'expression de la pensée - et, par là même, rend caduc tout ce qui repose sur la promesse. [...]
[...] Peut-on gouverner sans mentir ? Introduction Le Robert définit le mensonge comme une « assertion sciemment contraire à la vérité », une idée que l'on retrouve chez Saint-Augustin pour qui il repose avant tout sur l'intention de tromper. Dans le livre III de La République, Platon soutient que le mensonge peut être légitime lorsqu'il contribue au bon gouvernement de la Cité. Il évoque alors l'idée d'un « noble mensonge », lorsqu'une fiction est élaborée par les dirigeants dans l'intérêt du bien commun et afin de créer un destin commun entre les citoyens. [...]
[...] Pour lui, les gouvernants peuvent mentir pour véhiculer des mythes au sein de l'opinion publique. Dans la Grèce Antique, et plus particulièrement à Athènes, les gouvernants ont effectivement eu recours à des mythes tels que celui de l'autochtonie pour forger une cohésion sociale. Ce premier mythe raconte que l'ensemble des habitants de la Cité sont nés de la Terre-mère et qu'ainsi ils sont frères. Le second mythe est le mythe des métaux qui explique que de l'or avait été mis dans le coeur des dirigeants, de l'argent dans l'âme des guerriers ou encore du bronze dans le coeur des ouvriers. [...]
[...] Livre III. Paris : Flammarion Print. Peterson, M. (2012). Compte rendu de [Violence et mensonge / Histoire du mensonge. Prolégomènes de Jacques Derrida, Galilée p. / Les yeux de la langue. L'abîme et le volcan de Jacques Derrida, Galilée p.] Spirale, 75-77. Revault d'Allonnes, M. (2018) La vérité du politique. La faiblesse du vrai : Ce que la post-vérité fait à notre monde commun (p. [...]
[...] 71-107). Le Seuil. https://shs-cairn-info.bsg-ezproxy.univ-paris3.fr/la-faiblesse-du-vrai--9782021383041-page-71?lang=fr Sarr Pierre. Discours sur le mensonge de Platon à saint Augustin : continuité ou rupture. In : Dialogues d'histoire ancienne, vol n° pp. [...]
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