Master psychologie, Freud, lien social, psychanalyse, complexe d'Oedipe, relations humaines, sociologie, Totem et Tabou, groupe social, famille, psychologie sociale, Psychologie des foules et analyse du moi, Malaise dans la civilisation, libido, Première guerre mondiale, autrui
La pensée de Freud a été très tôt préoccupée par ce que l'on ne nommait pas encore le « lien social », c'est-à-dire, en sociologie, l'ensemble des relations qui permettent à des individus de vivre ensemble selon des règles qu'ils établissent dans un même groupe ou entre des groupes différents. [...]
Mais les conceptions de Freud vont beaucoup évoluer après le premier conflit mondial (peut-être sous le coup de ce qu'il a pu y observer), en particulier avec l'élaboration de la seconde topique et avec la perspective plus directement axée sur les communautés humaines qui apparaît en 1921, dans Psychologie des foules et analyse du moi, puis dans Malaise dans la civilisation, en 1929. À la lumière des travaux de Freud, nous pouvons comprendre comment tient le lien social.
[...] L'articulation des mécanismes du désir avec ceux de la structure sociale reste donc profondément problématique, y compris dans des établissements à vocation médicale. [...]
[...] Enfin, dans un troisième temps, nous analyserons les dynamiques du lien social dans les ouvrages de Freud postérieurs à la première guerre mondiale. La dimension individuelle de l'approche initiale du lien social est liée à l'élaboration même de la psychanalyse par son inventeur, Freud. Il faut rappeler que Freud a une formation initiale de médecin, et de psychiatre, et non celle de ce que l'on ne nomme pas encore à son époque, de sociologue. Travaillant sur les problématiques du sujet, en tant que patient et, comme le rappellent Gilles Arnaud et al sur ses propres rêves, il s'est interrogé sur les articulations métapsychologiques du sujet avec les autres dans la mesure où les troubles névrotiques et psychotiques ressentis par l'individu tendaient vers une dimension pathologique. [...]
[...] Le problème initial est l'inadaptation au social, l'absence de lien social, ou la rupture du lien social organisé. Dans son travail initial, Freud s'est surtout intéressé à remonter dans l'ontogénèse et à décrire le complexe ?dipien fondateur pour l'individu. Si, durant le stade oral, l'enfant entretient un lien d'amour quasi fusionnel avec la mère qui à la fois le nourrit et qui lui procure un plaisir sensuel lié au contact, lors du stade phallique, de 3 à 7 ans, il entre en rivalité avec le père pour conquérir l'amour de la mère. [...]
[...] À la suite de Gilles Arnaud, on constatera que Freud « a essentiellement mis en exergue la prééminence d'une problématique sacrificielle oedipienne dans le rapport père-fils, sans étendre sa réflexion à la valence maternelle de la communauté17 ». Néanmoins, la question du lien social élaborée par Freud nourrira la réflexion de bien des psychiatres ultérieurs. Jean Oury, en particulier, dans le séminaire Le Collectif18, montrera comment les mécanismes de transfert à vocation thérapeutique peuvent s'engager dans une structure psychiatrique en fonction d'un certain nombre de conditions dont, en autres, le fait que cette structure ne soit pas en elle-même aliénante. [...]
[...] Il s'agit alors de réorienter les pulsions vers des objets de substitution par un ensemble de règles légales et morales. La conception de ce qui fait lien social chez Freud s'est élaborée progressivement à partir de sa réflexion sur le complexe d'?dipe, instituant à la fois pour l'individu et pour l'investissement de ses énergies libidinales. La sexuation qui se constitue au terme de l'?dipe est le premier élément constitutif de la relation à l'autre puisqu'il détermine le choix sexuel, donc l'orientation du désir par rapport à l'autre, mais qu'il instaure en même temps une limite au désir. [...]
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