Philippe Meirieu, Éducation nouvelle, pédagogie, pédagogie libertaire, capitalisme, liberté individuelle, esprit critique, éducation libérale, Jean Houssaye, Summerhill, éducation et scolarisation, Éducation nationale, système scolaire, normes sociales, individualisme, Rousseau, Kant, société de consommation
Ces 3 questions-réponses sur le livre de Philippe Meirieu vous permettront de mieux cerner la pensée de l'auteur concernant les conséquences de l'Éducation nouvelle et de son application sur le système scolaire actuel.
[...] Face à « cette explosion pulsionnelle » des enfants on ne cherche pas des solutions pédagogiques mais des solutions pratiques et rapides basées sur une discipline répressive ou chimique. Pour lui, les enfants vivent dans l'immédiateté, sont devenus « plus excités, moins attentifs », ils ne sont que le produit de notre société. Face à ces comportements, on étiquette ces enfants comme anormaux, dépistant des troubles des apprentissages, du comportement, etc. C'est ainsi que Meirieu parle de repérage et d'exclusion. Pour lui la société libérale produit des comportements pulsionnels qu'il faut endiguer par l'autoritarisme pour garder une cohérence sociale. [...]
[...] Face à des propositions qu'il qualifie de réactionnaires, il pense que les militants de l'Education Nouvelles sont restés impassibles et n'ont pas revendiqué leurs positions de pédagogues. C'est pour cet auteur, c'est une mauvaise stratégie qui n'a pas encouragé la mobilisation en éducation. En fait, il pense que l'Éducation Nouvelle évolue dans une mauvaise stratégie de déni des situations. Pour lui, il faut assumer les problèmes pédagogiques et éducatifs qui se présentent aux militants. Et accepter que ces pédagogies nouvelles n'aient pas été pas appliquées dans l'Éducation nationale, elles ont agi en périphérie dans le para scolaire, l'extrascolaire mais non dans l'école elle-même. [...]
[...] Le pédagogue doit oublier les étiquetages produits par la société. L'éducation n'est pas un dressage mais une médiation entre l'éduqué et le pédagogue. Au contraire de la médecine qui préconise un traitement unique pour toutes les personnes ayant le même symptôme, la pédagogie met en action l'individu pour qu'il découvre par lui-même ses capacités. Le rôle du pédagogue est donc celui d'un médiateur qui stimule le sujet dans sa liberté pour qu'il atteigne les objectifs qu'ils se sont fixés. Même si aujourd'hui on connaît les causes de certains blocages le pédagogue développe des méthodes innovantes et créatives pour permettre aux enfants de développer leurs capacités. [...]
[...] La pédagogie utiliserait plutôt des moyens pour résoudre ce comportement en proposant des activités pour canaliser le trop plein d'énergie par exemple. Il précise que les pédagogues sont des personnes qui font évoluer la pratique grâce à la théorie et vice versa. Il cite Rousseau ou Kant qui pour lui ne sont que des « théoriciens de l'éducation » qui n'ont jamais étés dans la pratique et ne peuvent la penser. Ensuite il parle de Houssaye qui parle de la pédagogie comme un va-et-vient entre pratique et théorie éducatives. Pour lui, la pédagogie est une articulation entre liberté et éducation. [...]
[...] Il ne s'agit pas de les conditionner pour qu'ils rentrent dans un système de consommation mais de les libérer de ces chaînes de la pulsion immédiate afin qu'ils apprennent à réfléchir par eux-mêmes et créer des espaces temps favorables à leur épanouissement. Aujourd'hui, ce texte m'a ouvert la conscience sur un système qui détruit le goût d'apprendre par une fièvre de consommation compulsive qu'il faut arrêter. Je comprends mieux le sens du militantisme en éducation. Je ne pensais pas qu'il fallait combattre pour donner du sens aux apprentissages, ce texte m'a permis d'explorer un point de vue différent sur l'éducation et son rôle. Je vois le pédagogue aujourd'hui comme une personne créative, inventive et combattante. [...]
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