Anthropologie, ethnographie, film ethnographique, réalité sociale, cinéma, colonisation, décolonisation, image, représentation, objectivité, interprétation, Alban Bensa, Paul Henley, Saïd Temba, Alain Resnais, Chris Marker, Journal des anthropologues
Sur la thématique liée à l'anthropologie visuelle, ce dossier consiste à faire un compte-rendu croisé des trois articles suivants :
- L'Homme & la Société, n° 154, Propos sur le cinéma colonial en tant que genre populaire - Saïd Tamba (2004)
- L'Homme, Le récit dans le film ethnographique - Paul Henley (2011)
- L'Homme, Champs et contrechamps de l'anthropologie : film documentaire et texte ethnographique - Alban Bensa (2008)
[...] En cela l'article de Paul Henley propose d'apprécier le film ethnographique comme étant tous construit sous la même forme, à savoir « une structure narrative » autour de la question du rituel2 (Henley, 2011). En effet, le rituel est une pratique éminemment étudiée dans le domaine de l'anthropologie, que ce soit par les rites de passage3 ou par sa violence4, dans la mesure où il est un révélateur précis d'une société. Par le fait qu'il possède un début, un milieu et une fin, le rituel peut s'accorder parfaitement avec la construction dite classique d'un film. [...]
[...] Cette réalité sociale de cette période, où l'ethnocentrisme était partagé par une majorité de chercheurs, comme Lewis Morgan par exemple, se devait d'être vue, donnant « aux cinéastes et aux savants l'occasion d'assouvir leur curiosité tenace en matière de "peuplades sauvages"7 » (Temba, 2004). Finalement, cette question du rapport à la vie sociale montrée par les films documentaires ou ethnographiques doit nous faire comprendre que les règles ethnographiques sont « strictes » car répondant à des critères précis afin d'assurer l'objectivité du propos. La mise à distance dans l'observation participante étant une règle importante. [...]
[...] Ainsi, cette importance de l'image est soulignée par l'anthropologie, elle-même dans une perspective épistémologique. En effet, comme l'affirme l'anthropologue Alban Bensa dans l'un des articles dont nous allons effectuer le compte-rendu croisé, « collaborer à la réalisation d'un film documentaire déclenche d'emblée un questionnement singulier sur l'anthropologie, ses méthodes et ses productions1 » (Bensa, 2008). Dès lors, suite à ce propos qui confirme l'importance du film dans ce domaine des sciences sociales, nous allons maintenant établir le compte-rendu de lecture structuré par les questions que posent ces trois articles, en explicitant comment chacun y répond, dans la mesure où plusieurs thématiques communes se retrouvent dans les trois articles via l'établissement de plusieurs questionnements. [...]
[...] URL : http://lhomme.revues.org/24153 ; DOI : 10.4000/lhomme.24153 Paul Henley, « Le récit dans le film ethnographique », L'Homme [En ligne], 198-199 2011, mis en ligne le 18 juillet 2013, consulté le 06 décembre 2019. URL : http://lhomme.revues.org/22726 ; DOI : 10.4000/ lhomme.22726 Saïd Tamba, « Propos sur le cinéma colonial en tant que genre populaire », L'Homme et la société 2004/4 (n° 154), p. [...]
[...] En effet, Alban Bensa montre dans son article, et c'est ce qui va le préoccuper durant la majorité de son propos, qu'un film documentaire fait de facto opposer la vision d'un réalisateur (via ses croyances et ses idéologies) et celles des individus ou des groupes qu'il est lui-même en train de filmer. C'est pour cette raison qu'il revient sur la notion de voix-off, c'est-à-dire le commentaire d'un tel film. En effet, selon lui, « le recours au commentaire consacre l'autorité du cinéaste qui instrumentalise ses images pour qu'elles servent au mieux sa propre fiction10 » (Bensa, 2008). [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture