Politique de la ville, mixité sociale, logements sociaux, renouvellement urbain, politique du logement, Engels, Bourdieu, Cyprien Avenel, David Harvey, Loi le Chapelier, urbanisme, politique sociale, classe sociale, solidarité, Précarité, inégalités sociales, ségrégation sociale, ségrégation spatiale, préjugés, homogénéisation sociale, insertion sociale
Sujet :
La politique de la ville vise, notamment, à enrayer la « spirale de la dégradation » des grands ensembles en y impulsant de la diversité sociale.
En vous appuyant sur les articles (références ci-dessous), vous dégagerez ensuite les obstacles, ou les freins, à la mise en oeuvre de la mixité sociale au sein des grands ensembles :
- « Proximité spatiale et distance sociale : les grands ensembles et leur peuplement » par JC. Chamboredon et M. Lemaire. Revue française de Sociologie, XI, 1970 (pp. 3-33)
- « L'entourage des personnes e, situation de précarité résidentielle. Force et faiblesse des liens sociaux dans l'exclusion du logement » » par Pascale Dietrich-Ragon, Revue française de Sociologie, 2015/2, Vol. 56, (pp. 301-330)
- « L'évolution du peuplement du parc HLM en France. » de Loïc Aubrée. Revue Pensée Plurielle, 2006/2, n°12, (pp. 53-61)
- « La mixité dans la ville et dans les grands ensembles. Entre mythe social et instrument politique ». Revue Informations Sociales, n°125, Juillet 2005 (pp. 62-71).
[...] L'absence de mixité sociale et ethnique, alors, est un sas peut-être nécessaire, d'ailleurs considéré comme tel, dans des sociétés moins marquées par le prisme républicain hostile aux « communautés » comme la nôtre depuis la Loi le Chapelier de 1791 contre les corporations. Ignorer ce sas sociologique voire en saper les effets serait céder à un idéal abstrait mais peut-être plus contre-productif que porteur en matière de cohésion sociale et de mixité sociale à terme, à plus vaste échelle. Un sas avant une mobilité sociale et géographique. Cette étape devrait alors être considérée comme telle et dédramatisée, même si elle ne correspond pas à l'imagerie républicaine, offrant des ressources plus que des frontières « communautaristes » irrémédiables. [...]
[...] La politique du logement serait ainsi condamnée à ce que Pierre Bourdieu a dit de l'école dans une société stratifiée : sa fonction latente est de reproduire des inégalités puisqu'il s'agit de toute manière d'aboutir à une distribution inégalitaire au sein de la société. Ces politiques sont condamnées à sombrer dans une fausse conscience. Certains échecs de la politique de la ville peuvent ainsi s'expliquer. On va démolir un grand ensemble vétuste et considéré socialement « pathogène », et proposer à des promoteurs de reprendre l'emprise pour réaliser un parc mixte. [...]
[...] Peut-être, justement, une absence de clarification sur les attendus de cette mixité sociale et de réflexion sur ce qu'elle signifie réellement pour les populations. Une lecture des quatre textes cités en sous-titre nous incite à le penser. Un flou qui convient à un mythe consensuel Ce mot d'ordre de « mixité sociale », parfois décliné sous celui, plus prosaïque de « vivre ensemble », est en lui-même assez flou. De quoi parle-t-on exactement ? On peut la considérer du point de vue de la mixité des couches ou des classes sociales, la considérer comme entreprise de métissage ethnique, ou encore de types de familles (nombreuses, monoparentales, etc). [...]
[...] Le grand ensemble, comme on l'appelait alors, était considéré par ses fondateurs comme le laboratoire de ce grand dessein homogénéisant. La classe ouvrière devait s'y voir hissée vers le haut culturellement par les couches sociales plus élevées, celles-ci se voyant rappelées aux réalités sociales, responsabilisées et reconnues dans leur leadership social aussi. De cette rencontre devait sortir de l'amalgame, de la sociabilité et de l'homogène. Or, ce n'est pas ce que les chercheurs constatent alors dans les grands ensembles. Bien au contraire. [...]
[...] Le symbolique est peut-être la frontière la plus infranchissable qui soit, car il relève en partie de l'inconscient. C'est pourquoi la mixité sociale, alors, pourrait être imaginée comme un but plutôt que comme un préalable. C'est par l'homogénéisation sociale, par la cohésion économique et sociale, qu'elle peut être obtenue. La réduction des inégalités économiques et sociales, hypothétiquement, peut rendre les effets de distinction moins ardents, si la pente des inégalités devient plus douce, et donc moins anxiogène. Eric Maurin proposait de mettre fin aux zonages de la politique de la ville, qui selon lui créaient plus d'inégalités qu'ils n'en résolvaient, pour en revenir à des politiques sociales visant l'individu où qu'il se trouve en fonction de données individuelles. [...]
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