La lecture du corpus
Première étape : dans un premier temps, on recommande de lire les textes dans la foulée et dans l’ensemble. Cette première lecture peut se faire sans prise de notes. Elle consiste à se faire une vision d’ensemble du sujet. On cherche à déterminer le thème global du corpus avec l’éclairage de la question que l’on nous posera.
Définition de la problématique
À partir de la question qui nous est posée, on va tenter alors de déterminer la problématique.
Repérage des idées, arguments et procédés
À la lumière de cette problématique, on va alors procéder à une lecture plus attentive des textes en prenant des notes cette fois. On cherchera à catégoriser les informations en les rattachant à des thèmes : « La problématique se définit comme une question autour de laquelle on organise le questionnement menant à une analyse. La problématique est une affaire de forme car il s’agit avant tout de choisir la bonne formulation pour poser une question de fond en lien avec un sujet ou thème et un contexte » (Farjaudon et Portal, 2024).
Dans cette étape, il peut être intéressant d’analyser les figures de style. C’est-à-dire qu’il ne faut pas seulement s’attarder à ce que disent les auteurs des articles ou des extraits de livre par exemple qui nous sont donnés à lire mais comment ils le disent. Comme l’explique Catherine Fromilhague dans Les Figures de style, un ouvrage qu’il peut être très intéressant d’étudier, en particulier pour les analyses de corpus de textes littéraires mais pas seulement : « La conception de la rhétorique a largement évolué au cours des siècles. Rappelons en quelques mots que d’Aristote à l’âge classique, la rhétorique est assimilée à l’art de persuader par le discours ». Il ne faut pas hésiter alors dans cette prise de notes à identifier les figures de style que nous retrouvons : métaphore, métonymie, comparaison, euphémisme, etc. Le correcteur appréciera ce recul sur l’analyse des corpus de texte et cette analyse méta-linguistique qui démontre un véritable travail réflexif.
Le choix du plan
Le plan est une étape cruciale de l’analyse du corpus du texte : « Ne commencez surtout pas par vous poser la question du plan. Si dans la phase de « recherche d’idées » vous avez fait l’effort de bien comprendre le sens général du sujet, vous n’aurez pas grande difficulté pour choisir et construire le plan dans cette deuxième phase décisive » (Saly, Scot, Hincker, L’Huillier et Zimmermann, 2019).
On peut opter par exemple pour un plan thématique. Dans ce cas, on établira une liste des différents thèmes approchés dans ce corpus et que l’on déclinera l’un après l’autre, dans une certaine logique de progression. C’est le plan que l’on peut choisir par exemple si les différents textes analysés ne se contredisent pas trop.
On peut également opter pour un plan dialectique. Le plan dialectique sera choisi de préférence lorsque justement des textes viendront se contredire les uns les autres : « Le plan dialectique appartient au type du plan par confrontation. Il est constitué de trois parties. Les deux premières explorent deux points de vue possibles : le pour dans la partie thèse et le contre dans la partie antithèse. Une dernière partie, paragraphe bilan, propose une synthèse pour dégager le point de vue final ». Classiquement, le plan dialectique se décompose en trois parties. La première partie est la thèse. On mettra en évidence les arguments qui sont défendus par la thèse principale. On pourra diviser cette partie en différentes sous-parties. L’antithèse est la partie qui vient s’opposer à cette première partie. Il est important de montrer des arguments qui sont dans une situation radicalement antagoniste. La troisième partie consiste à dépasser l’opposition qui semblait pourtant jusqu’à présent radicale entre les deux premières parties qui étaient la thèse et l’antithèse. Il s’agissait de proposer une sorte de dépassement dialectique, que l’on peut présenter comme une synthèse mais qui ne doit pas être un mélange artificiel des deux premières parties. C’est le principal écueil à éviter.
La rédaction
Le développement : on commence d’abord par rédiger le développement. Il est important de bien rédiger une ou deux phrases de transition entre les différentes parties pour ne pas que le passage de l’une à l’autre soit trop abrupt.
L’introduction : on rédige ensuite l’introduction. Il est alors important de trouver une bonne phrase d’accroche qui saura « accrocher le lecteur », de capter sa bienveillance comme on disait jadis. Puis on présentera les différentes parties qui constitueront le développement.
La conclusion : on fera alors la synthèse des différentes parties, puis on rédige une ouverture pour ne pas que la conclusion du travail soit trop brutale également.
FAQ
Faut-il prendre des notes dès la première lecture ?
Non, la première lecture doit consister en une compréhension globale du sujet. C’est seulement après qu’il est pertinent de prendre des notes.
Puis-je commencer par rédiger l’introduction ?
Non, il est préférable de commencer par la rédaction du développement et seulement après l’introduction et la conclusion.
Dois-je connaitre les textes avant ?
Pas nécessairement, c’est toujours un plus si vous les connaissez mais ce n’est pas indispensable du tout.
Est-il nécessaire d’avoir un plan avant de rédiger ?
Oui, il est largement préférable d’avoir un plan pour savoir où vous vous dirigez.
Peut-on opter pour un plan associant thématique et dialectique ?
Cette option est assez périlleuse et il est préférable de trancher pour l’un ou l’autre.
Bibliographie
Farjaudon, A.-L. et Portal, M. (2024). 2. Définir sa problématique. DSCG 7 - Mémoire professionnel : Cadre et démarche, articulation de la théorie à la pratique, méthodologie de recherche, réalité professionnelle (p. 10-16). Dunod. droit.cairn.info
Catherine Fromilhague, Les Figures de style
Saly, P., Scot, J.-P., Hincker, F., L’Huillier, M.-C. et Zimmermann, M. (2019). Chapitre 2. Choisir et bâtir un plan. La dissertation en histoire (p. 43-95). Armand Colin. shs.cairn.info
Préparation à l’épreuve de français exemple de plan dialectique










