Cahiers de Doléances, Révolution française, États généraux de 1789, Tiers État, Ancien Régime, justice seigneuriale, fiscalité, noblesse, Clergé, abolition des privilèges, impôt, inégalités sociales, Louis XVI, système fiscal, contestation des privilèges, misère, pauvreté, réforme fiscale, égalité devant la loi, centralisation, Histoire de France, réforme de la justice, conditions de vie, commerce, travailleurs, facteurs économiques, Villiers-en-Vexin, facteurs sociologiques
En 1789, face aux difficultés financières du pays, le roi de France Louis XVI convoque les États généraux, afin de consulter les représentants des trois ordres de la société d'Ancien Régime, la Noblesse, le Clergé et le Tiers-État. [...]
C'est d'un extrait de ces cahiers de doléances qui vont marquer l'histoire que nous allons faire l'étude ; sans que l'on en connaisse la date précise, celui-ci a donc assurément été rédigé en 1789 par des Français appartenant au Tiers-État. [...]
[...] ils évoquent ensuite leurs griefs quant aux autres privilèges de la noblesse ; une courte partie est consacrée au système judiciaire d'ancien régime ; enfin, la description des difficultés liées aux corvées est mentionnée. Nous montrerons ici en quoi les cahiers de doléances de 1789 constituent le dernier témoin historique de la société de privilèges qu'est la France d'Ancien Régime, mais aussi une preuve claire qu'il était alors complètement délégitimé par les inégalités et injustices qu'il générait. Pour ce faire, nous verrons dans un premier temps quels éléments dépeignent une France très différente (rurale, décentralisée . ) de celle qui va se construire dans les années à venir. [...]
[...] De même, les colombiers, équivalent des pigeonniers, ne sont « permis que pour les seigneurs. » (l38) Nous serions donc incomplets en ne mentionnant pas que les privilèges s'étendent bien au-delà de la fiscalité. D'autant plus que ces autres activités ont également un impact économique, en particulier pour les plus pauvres, dans la mesure où la chasse ou l'usage de colombiers aurait pu leur servir à augmenter leurs revenus. Constante de plus en plus apparente des doléances du Tiers-Etat, il apparaît que le système d'Ancien Régime est bel et bien figé pour perpétuer les inégalités entre les différents Ordres. D'autant plus qu'une justice partiale garantit cette perpétuation. [...]
[...] Face à ces efforts déjà croissants, le Tiers Etat va de plus en plus questionner la pertinence d'être les seuls à les faire. III- La remise en cause des privilèges d'une société d'ordres Des privilèges fiscaux contestés Dans la société d'ordres d'alors, alors que la Noblesse et le Clergé continuent de bénéficier du privilège de leur dispense, les Etats Généraux doivent déterminer quel ordre devra contribuer à la résolution des problèmes financiers de l'état. La position du Tiers-Etat est claire, exigeant « que l'impôt soit perçu indistinctement sur tous les ordres de l'état » car « tout citoyen qui jouit des avantages du citoyen est débiteur. » (l18-20) Cette évolution est alors loin d'être une évidence au XVIIIème siècle. [...]
[...] Le Tiers Etat en est conscient et c'est en cela que sa suggestion apparaît censée, puisque ce manque à gagner pourrait combler en partie le déficit de l'état sans augmenter les impôts, mais aussi mettre fin à un système qui permet à ces intermédiaires de vivre du système fiscal. Ce sentiment d'injustice est d'autant plus réel que les plus modestes estiment que leur situation empire d'année en année. Les impôts, particulièrement malvenus pour des sujets déjà touchés par la misère Si la situation financière de l'état est critique, celle des sujets l'est en effet tout autant. [...]
[...] Cahier de doléances, Extrait - Tiers-État de Villiers-en-Vexin (1789) - En quoi ces cahiers de doléances constituent-ils le dernier témoin historique de la société de privilèges de l'Ancien Régime, mais aussi la preuve qu'elle était délégitimée par les inégalités et injustices ? Commentaire de texte - Cahiers de doléances de Villiers-en-Vexin Introduction « Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions, » déclarait Jean-Jacques Rousseau en 1762. De fait, sans doute le philosophe percevait-il déjà, à l'instar du courant des Lumières auquel il appartenait, les faiblesses d'une société d'ordres et de privilèges de moins en moins justifiée rationnellement. [...]
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