Beaubourg, Paris, espace public, Centre Pompidou, espace urbain, sociologie, Tourisme, Culture, espace artistique, piazza Beaubourg
La « chenille » grimpe sans cesse jusqu'au sixième étage. Cet « animal mécanique », dans un tube en plexiglas que n'aurait pas renié le peintre Fernand Léger dans une de ses toiles, permet aux visiteurs du fameux Centre d'art moderne de Beaubourg de jouir d'une des vues les plus fameuses sur la ville de Paris. En effet, elle embrasse un panorama à 180° sur la capitale, arborant les monuments iconiques de la capitale : de Notre Dame, à la tour Montparnasse, de la tour Saint-Jacques au Sacré-Coeur, niché sur la butte Montmartre. [...]
En effet, même si le quartier dit "Beaubourg", du nom de la rue parallèle à la place, est une parfaite transition entre le quartier du Marais, la rue de Rivoli et le quartier des Halles, cette zone reste complexe par les différents groupes sociaux, et individus qui le fréquente et par la certaine poésie propre à Paris qui hante ces lieux.
[...] Toutefois, la verticalité de ce lieu de culture peut en quelque sorte être appréciée comme participant à une sorte de violence symbolique dans la mesure où ceux qui possèdent le capital économique et social peuvent jouir du panorama sur Paris tout en mangeant à la brasserie Georges au sixième étage alors que les artistes de rue et les « traines savates » arpentent le bitume en quête d'un petit peu de monnaie. Dès lors, les luttes, les tensions sont inhérentes à tout lieu dans la mesure où un espace est public. Éloge de la subjectivité Apprécier un lieu, un environnement urbain singulier c'est aussi l'apprécier par sa subjectivité qui découle forcément sur son identité. Il y a un « autre monde » qui se substitue au monde social tel qu'il apparaît de prime abord, lorsqu'on arrive sur les lieux. [...]
[...] Dans quelles mesures le quartier de Beaubourg, et plus particulièrement son esplanade, permet-il d'élaborer une synthèse de l'espace public parisien ? La « chenille » grimpe sans cesse jusqu'au sixième étage. Cet « animal mécanique », dans un tube en plexiglas que n'aurait pas renier le peintre Fernand Léger dans une de ses toiles, permet aux visiteurs du fameux Centre d'art moderne de Beaubourg de jouir d'une des vues les plus fameuses sur la ville de Paris. En effet, elle embrasse un panorama à 180° sur la capitale, arborant les monuments iconiques de la capitale : de Notre Dame, à la tour Montparnasse, de la tour St Jacques au Sacré C?ur, niché sur la butte Montmartre. [...]
[...] Cependant, il faut également ajouter que la sociologie du quartier a de facto bougé avec le reclassement du quartier en un vaste quartier culturel et touristique, reléguant les plus pauvres aux marges de la ville. Ainsi, lorsque nous apercevons les petites lampes « design » derrière les rideaux des appartements situés dans les différents étages de ces immeubles, il faut donc penser à ces nouveaux propriétaires pourvus d'un fort « capital social », pour reprendre la terminologie du sociologue Pierre Bourdieu, qui ont pris place dans ces logements. [...]
[...] En d'autres termes, comme les différents groupes sociaux, que ce soit les touristes, les habitants du quartier, ou les franciliens1 ont pu s'approprier un espace assez vaste en plein c?ur de la capitale ? Un quartier rénové, une « alchimie » urbaine retrouvée En ce début de propos, il est intéressant d'apprécier le glissement opéré depuis la création du Centre Pompidou, c'est à dire au moment où la décision officielle fut prise de transformer les derniers ilots insalubres du centre de la capitale et le vaste parking adjacent en un nouveau quartier où la modernité serait érigée en étendard. [...]
[...] En effet l'esplanade de Beaubourg est devenue au fil des années le point de rendez-vous d'un microcosme social. Chaque matin, l'esplanade est investie, appropriée par une foule hétérogène et bigarrée qui semble attirée comme par magnétisme à cette place. Que ce soit les musiciens de rue comme les joueurs de didgeridoo ou de derbouka, la musique est quasi quotidienne, tout comme la présence de certains marchands ambulants, vendeurs de bijoux dits ethniques et des dessinateurs caricaturistes qui n'ont pas à « faire rougir » ceux de la place du Tertre, à Montmartre, par le nombre de touristes qui se prennent au jeu. [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture