vérité, opinions, vérités universelles, quête de vérité, mythe de la caverne, Platon, Socrate, objectivité, subjectivité, illusion
Il est certain qu'on dit couramment : à chacun sa vérité. C'est une opinion commune, une idée reçue qui paraît indiscutable. Elle pourrait même être présentée comme la marque d'un esprit ouvert. Néanmoins, une réflexion philosophique ne peut accepter sans examen une telle opinion. En effet, que devient la vérité que cherche la philosophie s'il existe finalement autant de « vérités » que d'individus, et si ces « vérités » peuvent se contredire ?
Ainsi, il apparaît légitime de se demander si le conflit des opinions fait obstacle à la vérité. Autrement dit, dans cette perspective conflictuelle, le mot "vérité" garde-t-il un sens ?
[...] Imaginons des hommes qui ont toujours été prisonniers au fond d'une Caverne, enchaînés de telle sorte qu'ils n'ont jamais vu que des « ombres » sur une paroi. Imaginons encore que l'un d'entre soit détaché et conduit vers les « objets » dont lui et ses compagnons ne connaissent que les ombres. Gêné par la lumière, il ne verra d'abord rien et désirera revenir vers les ombres familières. Mais s'il parvient peu à peu à percevoir la « réalité », il comprendra que la Caverne est un lieu d'illusions et il préférera sa nouvelle condition à celle qu'il a quitté. [...]
[...] Tout d'abord, le conflit des opinions fait obstacle à la vérité car il est une manifestation constante de la remise en question des vérités universelles. Parmi celles-ci, nous pouvons retrouver les vérités mathématiques. Par exemple, le mathématicien ne peut accepter l'affirmation « A chacun sa vérité (mathématique) ». En effet, une proposition mathématique est dite vraie lorsqu'elle est démontrée, c'est-à-dire déduite logiquement d'autres propositions déjà démontrées, dites « théorèmes », ou de propositions premières, dites « postulats ». Si cette démonstration est rationnelle, la proposition sera vraie pour tout homme et non uniquement pour le seul mathématicien à l'origine de cette démonstration. [...]
[...] Le conflit des opinions fait-il obstacle à la vérité ? Il est certain qu'on dit couramment : à chacun sa vérité. C'est une opinion commune, une idée reçue qui paraît indiscutable. Elle pourrait même être présentée comme la marque d'un esprit ouvert. Néanmoins, une réflexion philosophique ne peut accepter sans examen une telle opinion. En effet, que devient la Vérité que cherche la philosophie s'il existe finalement autant de « vérités » que d'individus, et si ces « vérités » peuvent se contredire ? Ainsi, il apparaît légitime de se demander si le conflit des opinions fait obstacle à la vérité. [...]
[...] Dans le cas des vérités universelles, telles que les vérités mathématiques et scientifiques, l'existence d'opinions plurielles et donc la « subjectivité » de ces vérités construites par tel ou tel homme, n'exclut pas le caractère universel : le conflit des opinions ne fait pas obstacle lorsqu'il est maîtrisé rationnellement et aboutit à un lieu commun. Aussi, accepter le conflit des opinions revient à accepter la quête de la Vérité. En effet, tout comme les hommes, dans le mythe de la Caverne, redoutent d'avoir à sortir d'une caverne dont ils n'ont pas conscience qu'elle est une vraie prison, le conflit des opinions amène à sortir de sa seule et propre opinion pour affronter la réalité et en extraire la Vérité commune à tout homme. [...]
[...] On comprend alors que les lois scientifiques ne sont pas vraies pour tel chercheur et fausses pour tel autre. Par ailleurs, le conflit des opinions ne fait pas toujours obstacle à la vérité mais au contraire, fait avancer vers la vérité en démêlant d'une certaine façon le « vrai du faux ». Dans le livre VII de La République, Platon fait parler son maître Socrate qui présente « l'état de notre nature relativement au savoir et à l'ignorance » au moyen d'une comparaison célèbre, « le Mythe de la Caverne ». [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture