Langage, pensée, Ludwig Wittgenstein, réseaux sociaux, communication non verbale, langage animal, homme de Néandertal, compétences linguistiques, identité, estime de soi, déterminisme linguistique, évolution des langues, Roman Jakobson, Noam Chomsky, Charles Darwin, langue des signes, braille, communication manuelle, langage injonctif, langage déclaratif, philosophie du langage, anthropologie linguistique, transmission du langage
Dans sa citation "les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde", le philosophe Ludwig Wittgenstein aborde la richesse donnée par sa langue maternelle et les langues qu'il a apprises. Il affirme ici que le langage limite la pensée humaine. Mais est-ce encore vrai au vu des découvertes récentes sur le fonctionnement du langage ?
[...] Connaître une (ou plusieurs) langue(s) délimite l'univers d'un individu et va le définir en termes d'identité et d'estime de soi selon une étude menée chez des enfants monolingues et bilingues. A la citation du philosophe, s'associe la théorie de l'évolution de Darwin. Celle-ci montre que le développement des compétences linguistiques apporte à l'être humain une connaissance de plus en plus précise de son monde. Par exemple, la reconnaissance des couleurs est de nos jours associée à un nom spécifique comme en peinture ou en cosmétique. [...]
[...] Ainsi, les murs de mon salon sont couleur taupe et mon rouge à lèvres est cerise alors que l'on pourrait dire qu'ils sont respectivement beiges et rouges. La théorie de Ludwig Wittgenstein se vérifie aussi avec le langage animal. Quand bien même il a été découvert que les singes communiquent entre eux, leur langage se cantonne à la fonction injonctive. Autrement dit, il se limite à la prévention du danger et à la localisation de la nourriture. Nous sommes donc loin du langage humain avec les 6 fonctions (dont la fonction déclarative) détaillée par Roman Chomsky. [...]
[...] On peut nuancer la citation de Wittgenstein en citant le travail de Noam Chomsky. Ce linguiste met en lumière que les compétences langagières seraient innées. Autrement dit, d'autres critères entrent en jeu dans la construction de l'individu. Il s'agit de la transmission entre parents et enfants, l'origine sociale, la géographie On peut aussi ajouter que les frontières du langage et de ce qui me définit en tant qu'individu ne sont pas rigides. En effet, un étranger ou une personne d'un autre niveau social que le mien peut aujourd'hui trouver la signification de mes expressions argotiques et se les approprier via les médias. [...]
[...] Dans le livre de Lorena A Hickok retraçant l'Histoire d'Helen Keller, on note par exemple qu'une personne dénuée de toute compétence linguistique peut entrer en communication avec autrui autrement que par la voix. Enfin, le langage n'a pas de frontières car il évolue sans cesse avec les individus. Une récente expérience de la Lexibank vient corroborer la thèse de Roman Jakobson comme quoi il existe une évolution géographique parallèle et indépendante des langues. Si on synthétise, l'individu a toujours besoin d'un outil pour exprimer sa pensée, qu'elle soit primitive (Attention, il y a un prédateur) ou élaborée. [...]
[...] "Les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde" - Cette phrase du philosophe Wittgenstein est-elle toujours d'actualité à la lumière des découvertes récentes sur le fonctionnement du langage ? Introduction : Les archéologues ont longtemps daté l'apparition du langage il y a ans avec l'Homo Sapiens. En effet, le squelette de ce dernier possédait un larynx, un pharynx et un tractus vocal. Cette certitude a été chamboulée avec des recherches plus récentes qui attribuent des prémices langagiers à l'homme de Néandertal dont l'anatomie permettait de prononcer des voyelles. [...]
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