Les Caractères, analyse linéaire, médecine, cour oisive, portait-type, Asclépios, critique, Épidaure, De la Bruyère, Esculape, Le Malade imaginaire, Oracle, Molière, rhétorique, absurdité, satire, portrait satirique
Jean de La Bruyère est un moraliste français né en 1645 et mort en 1696. Il est connu pour une oeuvre magistrale : Les Caractères, publiée en 1688. Cette oeuvre se caractérise notamment par un style particulier, vif et incisif à travers lequel il dresse un portrait sans concessions de ses contemporains. L'extrait qui nous est donné d'étudier provient du livre XI de cet ouvrage intitulé « De l'Homme ». Dans cette section, l'auteur écrit des maximes et portraits qui sont autant de représentations de types sociaux, d'incarnations des défauts les plus répandus dans la société de son temps.
[...] La seconde partie va de « Ma vue s'affaiblit » jusqu'à la fin de l'extrait : La Bruyère critique la crédulité d'une société de cour soumise à une médecine charlatane et inefficace. L'extrait qu'il nous est donné d'étudier se présente comme un court fragment. Comme souvent, il commence par un prénom choisi par l'auteur et ne renvoie sans doute pas à une personne ayant réellement existé et qui se prénommait ainsi. Nous comprenons qu'il s'agit ici d'un portait-type. Concernant ce prénom, nous pouvons souligner qu'il est d'origine grecque, il vient en effet d' « eirênê », il signifie « paix ». [...]
[...] En effet, Irène va se plaindre de ce qui semble caractériser la vieillesse et là encore l'oracle n'aura pas de remède miracle : « Ma vue s'affaiblit », « prenez des lunettes » « Je m'affaiblis moi-même », « vous vieillissez » On remarque une continuité entre l'affaiblissement d'abord d'une partie de sa personne, d'un sens, la vue, puis de toute sa personne. L'oracle ne propose encore que des solutions banales. C'est donc également la médecine de l'époque qui est critiquée. La Bruyère rejoint ici Molière lorsqu'il critique les faux médecins, les charlatans comme dans Le Malade imaginaire par exemple. Et la solution qu'il lui propose pour guérir de ses maux scandalise proprement Irène puisqu'il ne propose rien d'autre que la mort. [...]
[...] La Bruyère délivre ainsi un portait satirique, moqueur, d'Irène, une aristocrate typique oisive et dispendieuse. Le moraliste critique une société qui vit aux dépens du peuple en étant continuellement occupé et qui ne songe qu'à son bon plaisir. Les solutions proposées par l'oracle ne relèvent que du bon sens et non d'une pseudo-science que le moraliste critique par la même occasion. Irène ne semble pas accepter non plus le processus normal de la vie qui est de vieillir. L'oracle n'a évidemment aucune solution à proposer en retour sinon la mort qui adviendra tôt ou tard de toute façon. [...]
[...] On comprend également que La Bruyère établit ainsi une critique en creux d'une société de cour oisive et habitué au luxe et aux différents plaisirs de la vie. En effet, si elle est sans appétit le soir c'est sans doute parce qu'elle a beaucoup mangé le reste de la journée, à la différence d'un peuple qui ne mange pas toujours à sa faim. Et si elle n'a pas sommeil la nuit, c'est sans doute parce qu'elle n'a pas été très active de la journée, comme lorsque l'oracle lui recommande de se lever parfois avant midi et de servir de ses jambes pour marcher. [...]
[...] Les Caractères - Jean de La Bruyère (1688) - Comment l'auteur dénonce une cour oisive et dispendieuse prompte à recourir à une médecine charlatane ? Jean de La Bruyère est un moraliste français né en 1645 et mort en 1696. Il est connu pour une ?uvre magistrale : Les Caractères, publié en 1688. Cette ?uvre se caractérise notamment par un style particulier, vif et incisif à travers lequel il dresse un portrait sans concessions de ses contemporains. L'extrait qu'il nous est donné d'étudier provient du livre XI de cet ouvrage intitulé « De l'Homme ». [...]
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