Les Caractères, De la Bruyère, égoïsme, réalisme, ironie, tyrannie, caricature, critique, condition humaine, morale humaine
Dans les Caractères, La Bruyère s'emploie à des portraits incisifs de personnages types dont il veut dénoncer l'attitude. Il réalise ainsi des portraits moraux, appelés éthopées, qui ont pour but de faire réfléchir le lecteur sur la juste attitude à adopter en société. C'est ce que l'on retrouve dans le fragment 121 du livre XI des Caractères. Ce fragment nous peint de façon caricaturale l'attitude de Gnathon.
[...] Le lecteur doit donc en tirer une leçon de morale comme c'est le cas dans la satire : qui ne vit pas selon une bonne morale ne connaîtra pas le salut. - « qu'il rachèterait volontiers de l'extinction du genre humain. » (l.21/22) : La Bruyère pousse l'égoïsme du personnage à son paroxysme pour le faire tomber dans l'absurde : s'il peut se sauver en tuant tout le monde, cela n'a aucun sens car il ne serait pas capable de survivre seul. Gnathon apparait donc une fois de plus ridicule. [...]
[...] - accumulation de verbes niés : « ne se contraint », « ne plaint », « ne connait », « ne pleure point », « n'appréhende » (l.19/20) : ces verbes montrent qu'il n'accepte ni désagrément ni douleur. - « que sa réplétion et sa bile » : ironiquement, sa douleur vient de son défaut : il souffre d'avoir trop mangé. - la fin du texte fait apparaitre la question de la peur de la mort (« n'appréhende que la sienne » l.21) : de façon implicite, La Bruyère évoque la question sous-jacente du salut : si Gnathon a peur de mourir, c'est peut-être car il sait qu'il n'a pas vécu de la bonne façon et qu'il sera donc puni. [...]
[...] Gnathon est toujours individualisé là où les autres sont présentés en groupe. - Le « il » est omniprésent dans les deux premières phrases et est le sujet de tous les verbes d'action (« il occupe », « il oublie », « il se rend », « il ne s'attache » phrase ? Gnathon envahit le texte en étant isolé des autres et envahit aussi l'espace puisqu'il est le seul à agir. - « comme s'ils n'étaient point » (phrase 1) : quand les autres personnes sont sujet d'un verbe, celui-ci est nié : les autres n'ont donc aucune capacité d'action au contraire de Gnathon. [...]
[...] - « la table est pour lui un râtelier » (l.12) : suite de l'animalisation qui renforce l'impression de dégoût et d'absence de manière de ce personnage. II- Une réflexion sur l'égoïsme Phrase 6 : « Il se fait sa chambre » : « au sermon », « au théâtre », « dans sa chambre » (l.14) : Gnathon semble ne pas faire la différence entre ce qui relève du public et de l'intime puisque son comportement est le même dans ces trois lieux. La Bruyère nous indique donc ici que cet homme manque de jugement. [...]
[...] Les Caractères, Livre XI - Jean de La Bruyère (1688) - Comment, à travers ce portrait, La Bruyère montre-t-il les travers de l'égoïsme ? - Oral bac de français Dans les Caractères, La Bruyère s'emploie à des portraits incisifs de personnages types dont il veut dénoncer l'attitude. Il réalise ainsi des portraits moraux appelés éthopée qui ont pour but de faire réfléchir le lecteur sur la juste attitude à adopter en société. C'est ce que l'on retrouve dans le fragment 121 du livre XI des Caractères. [...]
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