Monsieur Monsieur, Précisions, Jean Tardieu, poème, poésie, burlesque, nature, culture, métaphysique, modernité, critique
Poète et écrivain contemporain inclassable, Jean Tardieu n'a jamais cessé, à travers son oeuvre, de se demander comment il était possible d'écrire quelque chose qui ait véritablement un sens. [...]
Nous démontrerons à travers une étude linéaire du poème que ce dernier possède des qualités musicales qui en font une chanson légère digne d'être lue à haute voix à la manière d'une pantomime.
[...] Le lecteur a constaté, dès le début du poème, que l'empreinte d'une modernité artificielle ("les wagons qui cognaient", "le bureau", "la ville indifférente", "le moteur des autos") paralyse le poète, qui a du mal à dire "je". S'il faut attendre le huitième vers pour le voir dire "j'entends", c'est à la fin du vers qu'il apparaît, comme si le plus important était le "Non non" mis en exergue au début du vers. Le poète a beau dire il n'en demeure pas moins passif et témoigne surtout de son impuissance à travers ses questions (vers 7 et 16) Finalement, le rythme du poème s'accélère en même temps que le poète prend de l'assurance. [...]
[...] Il est vrai que j'ai souvent privilégié l'aspect sonore de mes textes : ce qui reste de plus vivant dans la poésie, c'est ce qui est transmissible par l'oreille. Et même beaucoup de poèmes qui passent pour difficiles ont une vertu sonore évidente [ . ] C'est presque théâtral"2. La répétition se poursuit, conférant au poème un caractère burlesque demain, à demain . "qu'il . qu'il . Mais . [...]
[...] mais, Non non, mois et jours . mois et jours, vers renforcé par l'utilisation d'homophones qui se font écho voit . je vois . bourdonnante de voix . cette voix" vers 10,11,13, 21). Pour se jouer des mots, le poète répète aussi, quitte à créer une lourdeur voulue, des antonymes qu'il fait rimer (les saisons différentes / la ville indifférente vers 4 et ou des mots d'une même famille ("qu'il vente . la girouette au vent, vers 5 et 9). [...]
[...] Monsieur Monsieur, Précisions - Jean Tardieu (1951) - Analyse linéaire Poète et écrivain contemporain inclassable, Jean Tardieu n'a jamais cessé, à travers son oeuvre, de se demander comment il était possible d'écrire quelque chose qui ait véritablement un sens. Situé dans la deuxième moitié du recueil "Monsieur Monsieur" paru pour la première fois en 1951, le poème intitulé "Précisions" annonce d'emblée avec humour une volonté d'utiliser une sorte de comique de répétition, puisque le poète ajoute, en guise de didascalie, le mot "sermon" qui vient justement apporter là la première précision aux "Précisions" qui vont suivre. [...]
[...] Il va retrouver, dans les deux derniers tercets, le courage d'affronter la douleur métaphysique de l'existence, la douleur du temps de la vie. Ainsi, il reprend non seulement possession du mais il l'associe à des verbes forts veux", répété deux fois dans le même vers, "je nomme", "je suis", "je possède", "je tiens"). Dès lors, il va jusqu'à en rajouter, associant la répétition du à celle des possessifs me refusez pas ma place dans le temps", "ma prison", "ma vie" "ma douleur" "ma vérité"). [...]
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