Stupeur et tremblements, Amélie Nothomb, roman, autobiographie, Japon, culture nippone, société nippone, ironie, humour, critique
Dans ce roman autobiographique, Stupeur et tremblements, Amélie Nothomb, la narratrice, qui est de nationalité belge, raconte l'expérience qu'elle a vécue alors qu'elle était partie travailler au Japon pour Yumimoto, une entreprise japonaise où elle était initialement employée comme interprète.
[...] Stupeur et tremblements - Amélie Nothomb (1999) - Dans quelle mesure l'autrice tourne-t-elle en dérision non seulement le monde du travail japonais, mais toute la culture nippone dans ce récit autobiographique ? Dans ce roman autobiographique Stupeur et tremblements, Amélie Nothomb, la narratrice qui est de nationalité belge raconte l'expérience qu'elle a vécue alors qu'elle était partie travailler au Japon pour Yumimoto, une entreprise japonaise où elle était initialement employée comme interprète. Comment l'auteur parvient-elle dans cette autobiographie à dénoncer avec ironie et dérision le monde du travail nippon et à travers lui toute la culture japonaise ? [...]
[...] Même si la narratrice parle parfaitement japonais, elle ne comprend pas pour autant les codes sociaux qui régissent non seulement le monde professionnel nippon mais également toute sa culture. À travers toutes ces mésaventures professionnelles, c'est toute la culture japonaise que l'auteure vise. Cette culture apparaît totalement dépourvue de sens pour un occidental. Les codes sociaux sont en effet incompréhensibles. Le décalage vécu par la narratrice se retrouve notamment à travers l'expression de nombreux traits humoristiques. Cette phrase par exemple « Si Cléopâtre avait eu ce nez? » ne fait que confirmer le complet décalage dans lequel elle se retrouve par rapport aux motivations, au contexte et à l'intérêt qu'elle devrait avoir pour Yumimoto. [...]
[...] En effet, la narratrice n'a-t-elle pas obtenu ce qu'elle souhaitait ? Rappelons qu'employée comme interprète, la narratrice va dégringoler très rapidement les échelons de cette entreprise japonaise et se retrouver Dame pipi La situation de la narratrice est totalement pathétique et s'inscrit dans un rapport dominant - dominé qu'elle tente de tourner en dérision en se situant elle-même dans un délire de grandeur : « Je dominais le monde » alors que la réalité est tout autre et qu'elle rajoute « très loin en dessous de moi ». [...]
[...] Ainsi la narratrice n'échappe pas elle-même au délire. Nous avons pu voir que la narratrice dénonce le monde du travail et de façon plus large toute la culture du soleil levant. Le réalisateur Alain Corneau a adapté cet écrit au cinéma. L'?uvre éponyme montre avec la même intelligence, la même acuité et la même dérision que l'auteure, l'absurdité du monde professionnel et hiérarchique de cette entreprise japonaise. [...]
[...] À propos de Fubuki, la narratrice dit « Elle avait le plus beau nez du monde, le nez japonais, ce nez inimitable? ». L'hyperbole ici utilisée rend compte de toute la dérision dont fait preuve la narratrice pour surmonter l'absurdité du monde dans lequel elle est amenée à évoluer. Nous retrouvons une autre hyperbole qui pointe de la même façon cette même dérision : « Mlle Mori mesurait au moins un mètre quatre-vingts, taille que peu d'hommes japonais atteignent. » Les caricatures, les figures de style sont d'autres procédés utilisés par l'auteur pour tourner en dérision la culture japonaise et donner un caractère humoristique au récit comme lorsque la narratrice se compare au Christ, qu'elle se défenestre symboliquement. Nous avons à ce moment-là de l'histoire une métaphore filée qui fait suite à une série de phrases très rapides qui traduisent la rapidité de transformation du corps de la narratrice. [...]
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