CAPES Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement du Second degré, fabliau, fable, littérature médiévale, récit, satire, morale humaine, Jean de Bodel, Boivin de Provins, Estula, genre littéraire, Moyen-âge, critique, humour, langage, Religion, bourgeoisie, Brunain, sociologie
[Dissertation littéraire type CAPES]
Le fabliau est un genre particulièrement prisé au Moyen-âge. Ce genre littéraire se caractérise par des récits courts, parfois vraiment très brefs. Ils sont écrits dans un style simple et direct, volontiers explicite.
La fable se caractérise également par une volonté d'amuser le lecteur, mais est souvent accompagnée d'une morale.
La considération de ces deux genres amène ainsi un critique à dire : « « D'une certaine manière, on pourrait dire que le fabliau est une anti-fable ». Peut-on effectivement considérer le genre du fabliau comme opposé au genre de la fable ? Le fabliau est-il une anti-fable parce qu'il poursuit un but bien différent ? Ne peut-on voir une certaine convergence entre ces deux genres littéraires que tout semblerait opposer ?
[...] Les deux genres se retrouvent donc dans leur dimension satirique. Le fabliau peut se présenter néanmoins comme un dépassement de la fable dans la mesure où la ruse des pauvres par exemple est parfois récompensée mais au-delà, sans tenir compte, de la morale commune. Dans cette optique, on pourrait dire que, tout en se jouant de la morale commune, le fabliau pourrait être vu comme une forme de dépassement de la fable, où la ruse et l'ingéniosité des personnages populaires sont récompensées, parfois sans égard pour les principes moraux. [...]
[...] Nul ne doublera son avoir sans grande chance. C'est par chance que le vilain eut deux vaches, et le prêtre aucune. Tel croit avancer qui recule ». On retrouve d'ailleurs des éléments stylistiques de la morale, à savoir le présent de vérité générale ou présent gnomique, typique des proverbes et des expressions populaires. Ce fabliau se présente donc bien comme délivrant une leçon de morale. 2 - La dimension satirique commune aux deux ?uvres La fable critique volontiers les défauts humains. [...]
[...] Le fabliau est un genre littéraire qui illustre une sorte de culte de l'irrévérence, de l'insolence et s'oppose donc à la fable qui est en phase avec la morale commune des hommes et des femmes. Toujours est-il qu'il est intéressant d'étudier, de constater comment des genres littéraires peuvent s'influencer les uns, les autres. Comment des genres littéraires peuvent se construire en opposition ou bien en rapprochement, et parfois alternativement, pour élaborer leur propre structure. [...]
[...] Des paysans qui assistent à la messe sont convaincus par la nécessité de la générosité telle qu'elle est louée par la religion et par un homme d'église qui veut profiter de leur naïveté. En effet, il est bien content que ces deux paysans se proposent de lui donner leur vache. Cependant, le curé est finalement puni de son avidité puisqu'après avoir attaché sa propre vache à celle des deux paysans. Celle des deux paysans s'enfuit avec la vache du curé et retourne dans le pré des paysans. [...]
[...] Dans les fabliaux, les sujets sont bien plus triviaux. Par exemple, dans le fabliau « Le Prêtre et le loup », il est question d'un prêtre qui est amoureux de la femme d'un paysan. Alors que l'on sait bien les hommes d'Église sont censés respecter le v?u de chasteté. Les religieux gourmands ou libidineux constituent une thématique récurrente des fabliaux. Les fabliaux se caractérisent donc par une trivialité sinon une grossièreté que l'on ne retrouve pas dans les fables qui se caractérisent également par des réflexions plus nobles. [...]
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