Culture, Swahili, ethnologie, langage, identité culturelle, Afrique, cités-États, linguistique, sociologie, géographie et géopolitique
La culture swahilie représente l'une des cultures les plus étudiées, comme le prouvent les nombreux travaux historiques, ethnographiques et archéologiques consacrés à cette région et à cette culture, particulièrement complexe et aux contours indéfinis. Alors que des historiens ayant étudiés la question attribuent la création de la culture swahilie à l'arrivée des colons arabes et persans, c'est à partir des années 1960 que les chercheurs, notamment James de Vere Allen, affirment que la culture swahilie en soi préexistait bien avant l'arrivée des premiers étrangers sur les côtes et se définit comme africaine avant tout. Les travaux archéologiques menés dans ce contexte, notamment au sein de l'archipel de Lamu, viendront confirmer cette thèse.
Ainsi, dès le XIIIe siècle, les cités-États littorales émergeront progressivement et connaîtront leur âge d'or avant le XVe siècle, mais pas seulement, puisque d'autres cités-États prospéreront bien après cette époque.
[...] Les contours de l´identité swahilie, comme les frontières des cité-états, se révèlent ainsi fluctuantes et ambiguës, et furent majoritairement bouleversées par l´invasion portugaise du seizième siècle. Il existe cependant encore beaucoup de zones de recherches non-explorées relatives à la culture swahilie qui pourraient en apprendre davantage sur cette formidable civilisation atypique. Annexes Carte 1 : Les Swahili en Afrique de l´Est, situation géographique Carte 2 : activité commerciale swahili Du XIIe au XVe siècle Carte 3 : la langue swahili aujourd´hui Bibliographie Coret, C. (2012). Le dernier Etat swahili : le sultanat de Witu au XIXe siècle. Von Mambo : https://mambo.hypotheses.org/621 abgerufen Glassner, J.-J. (2004). [...]
[...] Les cités-États A. Naissance des cités-États Le concept de « cité-état » représente plusieurs réalités différentes selon les contextes et les époques, ce qui en fait parfois un terme un peu « fourre-tout ». Selon Mogen H. Hansen, une cité-état représente un petit État en termes de taille et de population, mais qui n´en est pas moins un État territorial aux caractéristiques suivantes : « le centre en est une ville, la capitale, ce qui n'exclut nullement la présence d'autres villes. La population urbaine se livre à des activités agricoles, mais aussi artisanales et commerciales. L'unité ethnique n'est pas un préalable. La capitale est fortifiée et l'État dispose d'une armée. Il dispose également de la souveraineté intérieure, qu'il soit ou non indépendant. Enfin, on distingue les citoyens des non-citoyens »10. [...]
[...] De plus, le bois de cet arbre est utilisé pour la construction navale swahili. Ces arbres et plantations sont appelés « mashamba » et représentent eux-aussi un symbole de prospérité de la cité (ils sont d´ailleurs rasés par les envahisseurs en signe de domination). Ces plantations sont détenues par la majorité des swahilis en guise d´investissement, et sont exploités généralement par les esclaves, mais parfois par les propriétaires. Les « mashamba » constituent peut-être une sorte de zone tampon entre le centre-ville et l´extérieur « dangereux ». [...]
[...] Les travaux archéologiques menés dans ce contexte, notamment au sein de l´archipel de Lamu, viendront confirmer cette thèse. Ainsi, dès le XIIIe siècle, les cités-États littorales émergeront progressivement et connaîtront leur âge d´or avant le XVe siècle, mais pas seulement, puisque d´autres cités-États prospèreront bien après cette époque. Dans la première partie de ce document, nous remontrons aux origines de la culture swahili et nous attarderons brièvement sur la terminologie du terme « swahili » en lui-même. Ensuite, nous verrons la manière dont les cités-États sont nées et comment elles s´organisaient. [...]
[...] Début de la culture swahilie et évolution de la terminologie A. Terminologie et utilisation du terme « swahili » Dès le Ve siècle, les populations côtières d´Afrique de l´Est furent visitées par divers peuples étrangers, les Grecs, les Arabes, les Portugais et les Britanniques, qui attribuèrent tous des noms différents pour désigner ces populations. Ils furent ainsi tour à tour Zanjs (noirs), Moros (Maures, aussi utilisé par les Portugais pour désigner tout musulman) et Swahili (« gens de la côte »)4, différentes appellations qui, pour Françoise Le Guennec-Coppens et Sophie Mery, ethnologue et chercheuse au CNRS, signifie probablement que les populations côtières n´étaient pas fixes, mais au contraire mouvantes. [...]
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