Délinquance juvénile, justice des mineurs, sociologie de la délinquance, psychologie de la délinquance, inégalités sociales, précarité, troubles du comportement, contrôle social, milieu défavorisé, argumentation
Ce document cadre un débat fictif de 15 minutes réalisé dans le cadre de la licence 2 de Sciences de l'Éducation dans le module "Histoire des enfances « irrégulières » (XIXe-XXe)". Les intervenants sont un ministre de la Justice et une ancienne délinquante. Cet exercice consiste à avancer des arguments et analyser l'évolution de la perception de la délinquance juvénile à travers une confrontation entre l'autorité régalienne et le parcours individuel.
[...] Je pense qu'il est donc essentiel de minorer votre propos. Ministère de la Justice : Je veux bien vous croire. Mais ne diriez-vous pas que les parents jouent un rôle majeur dans la prévention de la délinquance, pour empêcher de commettre des bêtises ? Et que sans leur appui, il y a un risque de verser dans l'anormalité. Au sens de ne pas rentrer dans les normes que la société nous impose à tous. Et que par ailleurs, le chaos affectif que vous avez connu a pu vous précipiter à rechercher de l'attention ailleurs, jusqu'à vous mener à commettre des actes graves, répréhensibles par la loi. [...]
[...] Conclusions : Délinquante : Je comprends ce que vous dites. Mais si je devais résumer ma position. Je dirai qu'il est nécessaire d'agir sur tous les facteurs environnementaux et sociologiques pour que les jeunes soient moins tentés de commettre des délits. En effet, vous montrez à travers des théories qui je dirai sont assez anciennes puisqu'elles remontent pour la plupart avant le milieu du XXième siècle ou des chiffres anciens, que les jeunes considérés comme anormaux peuvent être un danger pour la société. [...]
[...] Comme le disait Emile Durkheim, la délinquance et le crime, sont un décret social avant d'être une donnée objective. Il disait : « Il ne faut pas dire qu'un acte froisse la conscience commune parce qu'il est criminel, mais qu'il est criminel parce qu'il froisse la conscience commune »10. En d'autres termes, c'est la société qui a construit au travers des lois, ce qui est un délit ou un crime. Et c'est parce que la société se montre de plus en plus sévère à l'égard des jeunes (et notamment lorsqu'ils sont issus de milieux défavorisés) qui se comportent mal pour eux, que la justice est de plus en plus sévère à leur égard. [...]
[...] J'expliquai juste à travers mon argumentaire qu'il y a un fondement psychologique, que l'on peut appeler anormalité. Il conduit souvent des personnes en errance et assez déviants par rapport à la société de faire des choses qui sont condamnables et qui nuisent à la tranquillité du bien commun. Moi en tant que ministre de la Justice, c'est de m'assurer que le jeune puisse être accompagné pour déjà qu'ils comprennent ses erreurs mais aussi qu'il puisse être accompagné pour devenir un bon citoyen. [...]
[...] Je pense que cela explique beaucoup de choses. Ministère de la Justice : Je vous le dis de mon expérience d'ancienne juge et maintenant de ministre de la Justice, la délinquance concerne tous les milieux sociaux. D'ailleurs lorsque l'on regarde les chiffres d'une étude suédoise portant sur plus de adolescents nés entre 1989 et 1993, l'étude révèle que : « les enfants ayant des parents dont les revenus sont compris dans le dernier quintile des revenus ont un risque sept fois plus élevé de commettre des crimes violents que ceux dont les parents ont des revenus compris dans le premier quintile. [...]
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