Héritage familial, transmission intergénérationnelle, capital économique, capital culturel, capital social, inégalités sociales, trajectoire sociale, sociologie de la famille, Pierre Bourdieu, Jean Claude Passeron, Max Weber, succession des générations, influence, inégalités économiques, succession
85 % de la population hérite moins de 100 000 euros de patrimoine de la part de ses parents, et parmi les 15 % qui héritent plus, les écarts peuvent être formidables. Ces inégalités de patrimoine renforcent les autres inégalités économiques et sociales, parce que le patrimoine procure des revenus d'une part, mais aussi une sécurité certaine face à l'avenir, en même temps qu'il participe à définir le lieu de vie et les opportunités de mobilité géographique comme sociale. Si l'héritage désigne le fait de recevoir un capital de la part de ses ascendants, la tentation est alors grande de définir « les héritiers » comme un groupe numériquement restreint, limité à la partie de la population détenant dès l'enfance le plus de capitaux économiques comme culturels.
[...] Nous héritons donc de nos parents plus que des ressources, mais aussi des représentations et des aspirations. Mais les positions de parents et d'enfants ont ceci de particulier que chacun les expérimentera toutes, dès lors qu'il fait le choix de fonder une famille. III. Nous héritons de nos parents une place dans la succession des générations Nos parents font encore plus que de nous transmettre un héritage qui influencera notre position et notre trajectoire sociale. Ce sont eux qui aussi bien souvent nous aident à transmettre un héritage à nos propres enfants. [...]
[...] Or nous avons pu hériter de nos parents des aspirations en décalage avec la situation de crise qui caractérise les générations plus jeunes sur le plan économique et social : nos parents ont connu le plein emploi, l'accroissement généralisé des niveaux de vie, et plus généralement un contexte politique différent du nôtre. Ce décalage vient alors alimenter la « frustration relative », qui peut alimenter comme décourager l'émergence de mouvements sociaux9. En conclusion, nous héritons énormément de nos parents. Les capitaux qu'ils nous lèguent influencent notre trajectoire sociale. Mais plus que cela, nous héritons aussi des modèles qui façonnent notre désir même d'entreprendre telle ou telle trajectoire. Enfin, nos parents nous inscrivent dans l'histoire, familiale mais aussi collective. [...]
[...] Qu'hérite-t-on de ses parents ? 85% de la population hérite moins de 100 000 euros de patrimoine de la part de ses parents1, et parmi les 15% qui héritent plus, les écarts peuvent être formidables. Ces inégalités de patrimoine renforcent les autres inégalités économiques et sociales, parce que le patrimoine procure des revenus d'une part, mais aussi une sécurité certaine face à l'avenir, en même temps qu'il participe à définir le lieu de vie et les opportunités de mobilité géographique comme sociale. [...]
[...] La représentation du monde social influence nos aspirations Mais c'est finalement le cas pour un grand nombre de nos aspirations. Si hériter de ses parents les attitudes et des manières de faire des dominants, qu'il s'agisse de ceux situés en haut de la hiérarchie sociale ou sexuelle, facilite l'accès pour soi-même à des positions similaires, il ne faut pas pour autant supposer sans le questionner que tous les individus dans leur ensemble souhaitent accéder à ces positions. En effet, nous héritons de nos parents des représentations du monde, qui structurent l'espace du souhaitable et du possible dès le plus jeune âge. [...]
[...] Les rôles sexués hérités de la socialisation primaire sont profondément ancrés en nous L'aspect le plus flagrant de cet état des choses est la répartition genrée des rôles sociaux. Le modèle familial dominant aujourd'hui dans nos sociétés est celui de la famille nucléaire hétérosexuelle centrée sur une division genrée du travail et notamment du travail domestique. La plupart des parents habituent leurs enfants à s'identifier très tôt à l'un ou l'autre genre, en les habillant distinctivement, en leur offrant des jouets spécifiques à un genre ou même en stimulant chez eux, consciemment ou inconsciemment, des qualités ou des aptitudes différenciées : la force physique, une certaine aisance dans les espaces extérieurs, un goût pour la mécanique et la construction chez les petits garçons, le calme, l'attention aux autres, l'expression des émotions et le travail de l'apparence chez les petites filles. [...]
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