Humour, communication soignant-soigné, empathie, prise en charge du patient, humour en milieu hospitalier, relation de confiance, dédramatisation, éthique, communication, relation soignant-soigné, soins, susceptibilité, situation d'appel, EHPAD Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes
Durant mon parcours de stage, j'ai été témoin de différentes situations qui m'ont interpellée et m'ont poussée à développer une réflexion sur l'utilisation de l'humour dans un contexte de soins relationnels, avec ses avantages, ses limites et ses risques.
[...] Il n'y a aucune agressivité dans ses paroles. Je comprends alors que ce n'est pas la prise de glycémie qui pose problème. Il avait un coup de blues. En effet, il a refusé qu'on lui monte les volets de sa chambre et lui qui aime mettre de la musique pour se détendre, sa chambre était bien silencieuse, ce jour-là. Ce n'était pas la première fois, qu'il était ainsi. Je savais que c'était juste l'expression d'un ras-le-bol de tout ce qui lui arrivait depuis quelque temps. [...]
[...] Mais, le trait d'esprit a ses limites dans une situation de souffrance puisqu'à la suite de la remarque de la patiente sur sa douleur (voire son agacement), l'infirmière a réagi avec tact et empathie en s'excusant et en touchant la patiente au sens physique. Mais les choses avaient été dites et, ce de manière franche. La stratégie avait été payante. La communication trop directe n'aurait pas eu les mêmes effets. La patiente aurait pu se braquer et s'enfermer dans le silence et, se crisper sur sa douleur. Dans la plupart de ces situations, l'humour est salvateur au sens de « sauveteur », mais il a également ses limites dans des situations de souffrance et de gêne. [...]
[...] Existe-t-il plusieurs formes d'humour ? Humour et susceptibilité, quelle est la juste distance à tenir par le soignant face au patient souffrant ? Toutes ces questions m'orientent vers la question de départ qui dans la situation de communication prend en compte la relation soignant-soigné ainsi que le rapport à l'humour dans la relation de prise en soin. Ma question : l'humour peut-il permettre de « huiler » les rouages de la communication soignant-soigné, mais peut-il également être un obstacle ou un frein à cette communication ? [...]
[...] La patiente en confiance avec l'infirmière acquiesce. La résidente comme à son habitude, demande à l'infirmière de la couvrir avec les serviettes. L'infirmière qui connaissait très bien Mme lui dit en plaisantant qu'il y avait un super soleil aujourd'hui, et qu'elle ratait l'occasion de bronzer un peu. Mme B a rétorqué en disant : « avec mon escarre je ne risque pas de me mettre au soleil, » mais des larmes coulaient sur ces joues. L'infirmière prend la main de Mme B avec empathie s'excuse pour sa remarque puis l'interroge sur la toilette du matin qu'elle avait refusé. [...]
[...] On peut recourir aussi à l'humour potache de Jean-Charles3. Certains patients pratiquent également un certain humour noir qui est à la fois protecteur et permet de démythifier le rapport à la mort. Dans la 3ème situation, la patiente atteinte d'une escarre n'ose pas se plaindre au personnel soignant. Les médicaments retrouvés au fond de la poubelle de la salle de bains sont plutôt un message d'alerte en signe des soignants. L'attitude de l'infirmière qui demande à ne pas être dérangée, pour prendre le temps de creuser la situation est nécessaire. [...]
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