À propos d’Étienne de La Boétie

Étienne de La Boétie (1530-1563), poète, juriste et écrivain humaniste, est issu d’un milieu aisé. Orphelin à l’âge de dix ans, l’amour du droit et des lettres classiques lui est transmis par son oncle qui l’a recueilli. La Boétie est favorable à une politique religieuse tolérante et est opposé à la persécution des huguenots.  

L’ouvrage Discours de la servitude volontaire ou le Contr’un a probablement été écrit en 1548 alors qu’Étienne de La Boétie avait à peine dix-huit ans, retravaillé par la suite, et publié en latin en 1574 et intégralement en français en 1576. On doit la parution de l’œuvre, bien après le décès de son auteur, au pasteur calviniste Simon Goulart. 

Dans ce texte, l’auteur, influencé par un courant humaniste, pose les fondements de la question « Pourquoi obéit-on ? ». Il invite l’individu à réfléchir sur sa condition d’asservissement et à se réapproprier sa liberté.


Structure du Discours de la servitude volontaire

Un discours rhétorique traditionnel 

1) Un exorde qui sert à capter l’attention, ici avec une citation de L’Odyssée d’Homère.

2) Un développement qui allie des hypothèses sur la soumission et des digressions sur les figures de la tyrannie.

3) La péroraison, la dernière partie du discours, qui conclut le texte avec une injonction collective et une invocation à Dieu. - Elle est simple et radicale. C’est un appel à la liberté.

Une écriture riche 

1) Recours à la rhétorique judiciaire

L’auteur victimise le peuple, mais aussi l’accuse d’être responsable de la tyrannie. Il utilise même des exemples de l’histoire antique dans cette perspective.  

2) Une écriture humaniste

Étienne de La Boétie se réfère souvent à la littérature grecque et latine, avec notamment une citation de L’Odyssée d’Homère dans l’exorde.

3) Utilisation du genre délibératif

L’auteur essaie de définir les meilleurs comportements à adopter pour l’avenir afin de préserver la liberté.

Exemples de commentaires de texte sur le Discours de la servitude volontaire :


Parcours « Défendre » et « entretenir » la liberté

Dans le Discours sur la servitude volontaire, La Boétie défend la liberté tout en critiquant la servitude.

Défendre la liberté

La Boétie montre que la tyrannie n’est possible que grâce à l’acceptation volontaire des gouvernés qui se soumettent par passivité. L’auteur critique la mentalité du peuple qui accepte sa servitude.

C’est pourquoi il utilise une rhétorique de l’indignation pour dénoncer cette soumission.

Il ne comprend pas pourquoi autant d’hommes en craignent un seul. Étienne de La Boétie aborde cette problématique sous un angle scientifique et rationnel en illustrant son discours avec de grands exemples dans l’Antiquité comme la Rome vertueuse et Sparte pour plaider en faveur de la liberté.

Entretenir la liberté

Selon La Boétie, la servitude n’est pas naturelle comme l’obéissance à la raison, aux parents ou encore la liberté. Il loue donc les bienfaits de la nature sur les êtres humains, dont la liberté.

Étienne de La Boétie ne condamne pas formellement le despote avec la péroraison. Personne n’y est interpellé. Il propose une délibération et non une révolte en invitant le lecteur à prendre conscience de sa soumission paresseuse et de préférer cultiver l’honneur et la vertu.


FAQ - 4 questions / réponses

Quels sont les thèmes abordés dans Discours sur la servitude volontaire ?

Dans Discours sur la servitude volontaire, la tyrannie est le thème principal. Tout au long de son raisonnement, La Boétie fait preuve d’un savoir approfondi à ce sujet. Le thème de la servitude est ainsi évoqué de manière critique par l’auteur qui s’indigne devant la servitude du peuple. Autre thème de l’œuvre, c’est bien entendu la liberté, un bien naturel défendu par Étienne de La Boétie.

En quoi le Discours sur la servitude volontaire invite à une réflexion sur la nature humaine ?

Au-delà de son indignation, la réflexion de La Boétie dépasse le contexte politico-religieux avec une réflexion approfondie de l’attrait humain sur la servilité et sur la tyrannie. De plus, le but n’est pas d’inciter à une révolte contre l’ordre établi, mais à éveiller les consciences sur les conséquences néfastes de la soumission. La portée du Discours sur la servitude volontaire est donc humaniste et transcendante car elle montre une analyse universelle du pouvoir qui, en réalité, repose sur les croyances collectives, l’accoutumance et l’adhérence plutôt que sur la violence. 

Quelles sont les particularités du style de La Boétie?

Dans le Discours de la servitude volontaire, La Boétie adopte un style clairvoyant, polémique dans le respect de la tradition humaniste et du discours antique avec de nombreuses références à l’Antiquité. Afin d’inciter le lecteur à réfléchir, il témoigne son indignation dans un style à la fois direct et didactique.

Pourquoi situer Discours sur la servitude volontaire dans le parcours « Défendre » et « entretenir » la liberté ?

Selon La Boétie, la liberté doit être entretenue et défendue, car elle est précieuse et naturelle. Il cherche à comprendre comment le peuple accepte de vivre dans la servitude, aux antipodes de la nature. Il tente de susciter une prise de conscience auprès du lecteur en désignant les tyrannisés comme principaux responsables de la tyrannie. C’est pourquoi, selon La Boétie, la liberté s’entretient sinon l’être humain finit par s’accoutumer de la tyrannie.

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