La conscience et la vie, Bergson, conscience, vie, mémoire, temps, avenir, passé, futur, Leibniz, Descartes, Aristote, esprit, matière, abstraction, pensée, temporalité
Dans cet extrait, Bergson suggère l'idée que la conscience, bien que difficile à définir, peut être en partie décrite au regard des interactions que les êtres doués de conscience peuvent avoir avec le monde. Sans recourir à la comparaison avec le monde végétal ou le monde animal, Bergson analyse donc le rôle de la conscience dans le phénomène de la vie. De ce point de vue, le philosophe souligne le rôle premier de la mémoire dans la possibilité même d'existence d'une conscience se percevant elle-même.
[...] Comment se définir comme sujet conscient si l'on oublie soi-même son identité, les liens que nous entretenons avec nos proches et notre environnement le plus immédiat ? B. En cela, l'être conscient s'oppose à la matière insensible Pour assoir sa démonstration, Bergson inscrit sa réflexion dans la logique de celle précédemment développée par Leibniz : l'idée d'« esprit instantané » développé par le philosophe permet en effet de mieux comprendre la spécificité de la conscience humaine : nous ne renaissons pas à chaque instant, de sorte que nous sommes en mesure de nous percevoir nous-mêmes comme sujet ayant une histoire. [...]
[...] Conclusion Ainsi, ce texte de Bergson permet d'interroger la capacité des êtres conscients à appréhender un concept abstrait aussi complexe que celui de l'écoulement du temps. En effet, c'est parce que l'esprit est doué de mémoire qu'une forme de conscience d'être émerge de la pensée. De ce fait, bien que la conscience semble à première vue difficile à définir dans la mesure où elle abrite et englobe l'intégralité de notre pensée, comme nous le disions en introduction, elle peut être caractérisée par ce qui la structure : une capacité d'abstraction de l'instant. [...]
[...] A ce point de la démonstration, Bergson propose une nouvelle conséquence de ces observations : la mémoire permet à la conscience non seulement d'accumuler des connaissances, mais elle lui permet de fait de s'inscrire dans le temps. En effet, si le présent constitue le seul moment d'existence réelle de la conscience, celle-ci a la possibilité de manier des notions abstraites comme le passé et le présent. C'est la raison pour laquelle Bergson précise qu'il s'agit de « conservation et accumulation du passé dans le présent », car l'esprit a connaissance du fait que les connaissances qu'il acquiert proviennent de ses expériences passées. [...]
[...] Or la principale difficulté qui se pose lorsque l'on entreprend de définir la conscience est précisément qu'elle semble tout englober, et c'est ce que souligne Bergson en mentionnant que la conscience est « constamment présente à l'expérience de chacun de nous ». En effet, il n'existe pas de moment où nous puissions nous dire que nous sommes actuellement - c'est-à-dire présentement - inconscient. Cette difficulté ressemble du reste à cette évoquée par Descartes dans le Discours de la méthode lorsqu'il fait l'hypothèse que nous puissions être en train de rêver lorsque nous pensons voir la réalité. [...]
[...] Parce qu'elle fait du temps une notion abstraite appréhendable par l'Homme, la conscience est à l'origine de sa possibilité d'agir A. La conscience permet à l'être humain de déduire l'existence d'un futur, condition préalable à toute action Après avoir démontré le lien entre mémoire et possibilité d'une conscience, Bergson en déduit l'intérêt que porte naturellement l'esprit à l'avenir, c'est-à-dire le temps non encore survenu et qui succède à l'instant présent de manière insensible. Or le philosophe souligne le lien qui semble unir l'intention d'agir et le concept même du futur : le fait que l'avenir « nous tire à lui » désigne l'intérêt que porte naturellement l'esprit aux événements à venir. [...]
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