Ibn Khaldoun, Coran, linguistique arabe, langue arabe, culture arabe, Al Andalus, civilisation islamique, langue classique, langue dialectale, évolution linguistique, grammairiens classiques
Dans le cadre de ce présent travail, nous souhaitons placer notre analyse dans une posture constructiviste des phénomènes culturels, comme peut l'être la pratique d'une langue, dans la mesure où cette langue, dans une perspective diachronique, a de facto évolué. Pour cela, afin de resserrer notre champ d'investigation vu la complexité de la tâche, nous proposons d'envisager la compréhension de l'évolution de la langue arabe à travers les textes des écrivains médiévaux, dont la figure centrale d'Ibn Khaldoun (1332 - 1406), en prenant comme focale le rapport entre l'arabe dit classique, c'est-à-dire celui des textes, et sur ce qui le différencie obligatoirement à savoir l'arabe dit dialectal, c'est-à-dire la langue parlée qui reste différente et que l'on se trouve au Liban, en Égypte ou encore au Maroc. Ainsi, suite à notre propos liminaire, nous pouvons nous poser la question suivante : dans quelle mesure l'évolution de la langue arabe a pu s'effectuer à travers les textes de certains écrivains médiévaux comme Ibn Khaldoun ? Autrement dit, par quels moyens la langue arabe dite classique, c'est-à-dire celle du Coran, le texte sacré des musulmans, a pu se transformer dans le contexte médiéval grâce à la caractérisation de la langue dialectale par des auteurs comme Ibn Khaldoun ?
[...] La figure centrale d'Ibn Khaldoun au c?ur de l'enseignement de l'arabe Selon les historiens Benjamin Stora et Akram Ellyas, « Ibn Khaldoun est aussi un « sauveur ». Alors que la civilisation arabo-musulmane commence à sombrer dans l'assoupissement qui va favoriser, quelques siècles plus tard, l'essor du colonialisme, il entreprend patiemment, malgré toutes les péripéties que connaît sa vie, un large travail de recension et de recherches9 » (Stora, Ellyas, 1999). Ibn Khaldoun était en effet, un historien, un philosophe, voir un précurseur de la sociologie Il a été témoin des derniers jours de l'empire andalou, a vécu au Maroc, a visité l'Égypte et l'Orient et a eu de nombreux étudiants dans toutes ces régions. [...]
[...] En effet, ce propos est confirmé par l'historien Tahar Mansuri. Selon lui, « durant la période allant du VIIe au Xe siècle, les Arabes, dominant le monde méditerranéen, n'ont cessé de puiser dans les cultures méditerranéennes, empruntant des mots, des images, des idées ou techniques militaires, sans autre forme de complexe ou de scrupule2 » (Mansuri, 2004). De fait, dans le cadre de ce présent travail, nous souhaitons placer notre analyse dans une posture constructiviste des phénomènes culturels, comme peut l'être la pratique d'une langue, dans la mesure où cette langue, dans une perspective diachronique, a de facto évolué. [...]
[...] En ce sens, il note également des variations régionales en arabe, observant que l'arabe parlé par le peuple de l'Est, influencé par le persan et le turc, est différent de celui qui est parlé par le peuple de l'Ouest, influencé lui par le berbère. Ibn Khaldoun remarque tout de même que la langue arabe est tout aussi éloquente à son époque que lorsqu'elle a été codifiée par les grammairiens classiques. Ceci est une référence claire à la variété littéraire qui avait conservé ses caractéristiques classiques. [...]
[...] Conclusion Dans ce présent travail, nous avons souhaité nous focaliser sur un phénomène culturel qui n'est pas propre à la langue arabe : la diffusion et l'évolution d'une langue lorsqu'il y a des interactions avec une ou plusieurs cultures. Cependant, le cas de l'arabe est symptomatique tant sa diffusion a été durable et lointaine. De fait, la langue du Coran est restée cette langue pure alors que l'arabe dialectal a pu évoluer, voir s'affaiblir selon les cas. Cette transformation de langue dialectale, c'est à dire celle des sociétés arabes dans leur diversité reste inéluctable si l'on prend une dimension diachronique. [...]
[...] au 2 janvier 1492 ; autrement dit, de sa conquête par des Berbères convertis dirigés par Tarik Ben Ziyad, jusqu'à la capitulation de Grenade La purification ethnique et linguistique, qui annonce l'avènement et le triomphe de l'État-nation moderne, a mis fin à une longue tradition de « pluralisme » dans Al-Andalus dominé par la langue arabe7 » (Benrabah, 2009). En effet, L'arabe n'était pas seulement la langue des musulmans à cette période précise, mais elle est également devenue la langue de l'élite non locale, des individus instruites et la langue de prestige. Dans de nombreux cas, une excellente connaissance de l'arabe a permis aux arabophones non natifs d'occuper des postes importants dans les royaumes chrétiens, en tant que secrétaires et courtisans. Cela a conduit plus tard à la diffusion de textes arabes authentiques et traduits dans toute l'Europe. [...]
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