On ne badine pas avec l'amour, Alfred de Musset, pièce de théâtre, amour, romantisme, condition humaine, souffrance, sentiments, passion, dramaturgie, mort, religion, fatalité, Grand oral
Après une scène de confrontation orgueilleuse entre les deux personnages, ceux-ci choisissent de manipuler Rosette. Camille se réfugie devant l'autel pour se confesser. Dans cet excipit, dans lequel elle ouvre et ferme le dialogue, Perdican la rejoint et ils s'interrogent tous deux sur la fatalité de l'amour et la condition humaine. Camille comprend ensuite qu'elle est en droit de lier l'amour terrestre et divin.
En quoi cette fin inattendue, pourtant programmatique, mène-t-elle à un amour tragiquement impossible ?
[...] On peut y voir une intertextualité (écho littéraire) au péché originel dans la Bible (Adam et Eve) pour qui le bonheur est éphémère. Pourtant, Perdican utilise le champ lexical d'un paysage bucolique et arcadique mélioratif à partir d'adjectifs qualificatifs « vert, douce, fleuris, tranquille », renforcés par les adverbes intensifs « si », hyperboliques. Cependant, les personnages comparés à des « enfants gâtés » ont détruit ce que Dieu leur offrait. Sous une modalité déontique (verbe « falloir » à deux reprises), la fatalité se renforce. Les rochers deviennent des obstacles et sont « informes », ce qui est contraire à la complétude. [...]
[...] Dans une modalité déontique à valeur d'hypothèse, il devient un enquêteur. Par la proposition subordonnée circonstancielle de manière « sans? », une rupture s'élabore car cela montre qu'il peut également se faire manipuler. Camille lui ordonne de la suivre, par l'impératif « entrons », suivi du CC de lieu « dans cette galerie ». Le déictique « là » et la proposition subordonnée relative « qu'on a crié » leur permettent de devenir des enquêteurs, cherchant une piste pour résoudre le mystère. Cependant, Perdican perd toute lucidité, avec une modalité épistémique incomplète « je ne sais » et « il me semble » sur ses sensations incertaines (folie ? [...]
[...] Il s'ensuit une interrogation indirecte qui appuie le conflit amoureux agonistique entre les personnages, à partir du pronom interrogatif « lequel » renforçant l'idée d'une futilité, un personnage parmi d'autres. La modalité volitive avec le verbe « vouloir » amplifie le conflit. L'antithèse entre « nous » et l'autre » réconcilie et sépare à la fois les deux personnages, marquant une tension en miroir. Il poursuit par une interjection exclamative pathétique à l'égard de Dieu. Sous un présent de vérité générale, Perdican métaphorise la vie comme un rêve : elle renvoie à l'illusion, éprouvante et éphémère, comme le théâtre et son illusion référentielle. [...]
[...] On ne badine pas avec l'amour, Acte III, Scène 8 - Alfred de Musset (1834) - Analyse linéaire - Oral bac de français Après une scène de confrontation orgueilleuse entre les deux personnages, ceux-ci choisissent de manipuler Rosette. Camille se réfugie devant l'autel pour se confesser. Dans cet excipit, dans lequel elle ouvre et ferme le dialogue, Perdican la rejoint et ils s'interrogent tous deux sur la fatalité de l'amour et la condition humaine. Camille comprend ensuite qu'elle est en droit de lier l'amour terrestre et divin. [...]
[...] La didascalie renforce cet amour, engendrant une fusion physique, moment de réconciliation entre eux. La réplique de Camille le confirme, en répétant la même phrase que lui « nous nous aimons ». Elle utilise l'impératif pour susciter leur rapprochement. Selon elle, Dieu serait omnipotent par la modalité épistémique : il « sait » et tout-puissant par la modalité volitive « il veut ». Il est la force supérieure de leur amour, pourtant fidèles depuis « quinze ans ». Perdican se substitue pourtant à Lui, par l'apostrophe « chère créature » et le groupe prépositionnel « à moi », renforçant l'idée de posséder de Camille. [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture