Les Confessions, Rousseau, enfance, récit, autobiographie, éducation, apprentissage, violence, dégradation morale, contrainte, oppression, peur, liberté, dépression
L'extrait étudié se situe à la fin du Livre I et met en scène le jeune Rousseau, placé chez un maître graveur, dont la brutalité va profondément affecter son développement. Cet épisode constitue un tournant dans la vie de l'enfant, car jusque-là élevé dans des milieux affectueux, il découvre soudain la violence et la servitude. Le passage se structure en trois temps : le métier qui aurait pu plaire, la dégradation morale, puis la perte de naïveté, marquée par l'anecdote du rôti que l'enfant se refuse par habitude de la punition.
[...] Les Confessions, Extrait - Jean-Jacques Rousseau (1782) - Comment Rousseau utilise-t-il le récit rétrospectif pour raconter la progression de sa dégradation morale ? Publiées en 1782, Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau constituent la première autobiographie moderne. À travers cette ?uvre, Rousseau a eu pour ambition de raconter sa vie « telle qu'elle fut », de sa naissance jusqu'à l'âge adulte, lui qui était si souvent attaqué et calomnié. L'extrait étudié se situe à la fin du Livre et met en scène le jeune Rousseau placé chez un maître graveur, dont la brutalité va profondément affecter son développement. [...]
[...] achève de montrer l'effet destructeur de cette oppression sur sa créativité et son goût de l'apprentissage. Rousseau décrit alors une stratégie de survie : il « dérobait son temps » (l. pour retrouver une liberté minuscule dans des activités proches, des « occupations du même genre » mais cette-fois choisies par lui. Le contraste entre les « médailles » qu'il grave clandestinement et la punition violente qui suit marque l'incompréhension profonde entre l'enfant créatif et l'adulte autoritaire, puisque ce dernier va jusqu'à le « rouer de coups. » (l. pour ce fait. [...]
[...] Le deuxième mouvement montre la désagrégation morale provoquée par cette tyrannie : Rousseau décrit la peur, la dépendance et l'apparition de vices qu'il attribue directement à cette oppression. Enfin, le troisième mouvement met en parallèle la liberté joyeuse de l'enfance et l'intériorisation de la contrainte rencontrée chez son maître, illustrée par l'anecdote du « rôti ». La principale difficulté a été de trouver un découpage clair, car le récit des événements s'enchaîne assez vite. De même, plusieurs problématiques auraient pu être soulevées, mais j'ai préféré choisir celle pour laquelle je ne risquais pas de surinterpréter le texte au risque d'être trop vague. [...]
[...] Rousseau espère d'abord progresser dans cet art, impressionner qu'il admire d'abord, mentionnant « le talent du graveur » dont il espère « atteindre la perfection » (l. 3). Pourtant, cette inclination naturelle est immédiatement contredite par une série de restrictions introduites par « si » : « j'y serais parvenu peut-être, si la brutalité de mon maître et la gêne excessive ne m'avaient rebuté » (l. 3). Le narrateur nous apprend ainsi, par l'opposition entre le potentiel « j'y serais parvenu » et l'obstacle « la brutalité » que la vocation en devenir se retrouve vite gâchée. [...]
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