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Foucault était un philosophe français particulièrement critique concernant la médecine et la psychiatrie en tant qu'institutions médicales, représentant un pouvoir coercitif, selon lui. Il reprochait à ces structures (physiques et conceptuelles) d'enfermer les personnes considérées comme déviantes par la société de l'époque, sans les différencier. En effet, ce fervent philosophe et critique des institutions de pouvoir a, dans sa première oeuvre et thèse « Histoire de la folie à l'âge classique », entre autres, déploré l'amalgame entre les criminels et les malades mentaux, qui furent autrefois enfermés aux mêmes endroits. Il fut amené à lire la psychanalyse au travers des écrits de Freud et des retranscriptions des séminaires de Lacan.
[...] Tout au long de ses ?uvres, il a tenu une position très ambivalente face à la psychanalyse, ne sachant pas si elle pouvait être amalgamée avec la psychiatrie de l'époque ou si elle devait être considérée comme un outil d'émancipation pour les malades. Dans l'extrait qui nous est donné à analyser ici, cette ambivalence est visible dans son argumentaire critique. Mais sa critique est-elle représentative de ce qu'est vraiment la psychanalyse en tant que pensée et pratique ? Dans un premier temps, nous analyserons la nature de la critique de Foucault. Puis, nous expliquerons son propos au regard des théories et pratiques psychanalytiques. [...]
[...] C'est à ce corps que Foucault semble assimiler la psychanalyse, l'entendant alors comme une pratique institutionnelle. Foucault poursuit : « Vers le médecin, Freud a fait glisser toutes les structures que Pinel et Tuke avaient aménagées dans l'internement ». Par ces propos, Foucault rend Freud au moins complice, au pire le successeur des pratiques de Pinel et Tuke, comme la proposition des architectures panoptiques dans les hôpitaux psychiatriques. Ce type d'architectures permettait à un seul gardien de pouvoir observer toutes les cellules dont il avait la surveillance. [...]
[...] Vrai, parce que la logique derrière la folie propre à un sujet n'est pas compréhensible par la psychanalyse, justement parce qu'elle échappe même au sujet. Comme Freud l'avait souligné, énonçant la troisième blessure narcissique de l'humanité : « Le Moi n'est pas maître dans sa propre maison »24. Toute l'utilité du travail psychanalytique est de permettre au sujet de retrouver ses propres logiques afin de comprendre son fonctionnement. Il ne s'agit pas de guérir ni de rendre normal, mais de se comprendre. En ce sens, la psychanalyse revêt un aspect humaniste, aux antipodes de l'apparence autoritaire et disciplinaire que lui prête Foucault dans sa critique. [...]
[...] L'incompréhension de Foucault concernant la psychanalyse Pourtant, la psychanalyse n'a pas vocation à servir le pouvoir. Au contraire, son principe même s'oppose au fait de cacher des informations, alors que de nombreuses institutions se sont déjà dressées contre la psychanalyse pour la limiter voire pour l'interdire. Son discours libéré, expliquant les phénomènes de l'esprit comme les phénomènes sociétaux, permet une lecture décomplexée des grandes organisations du monde. D'ailleurs, comme énoncé dans « Discours, Formes, Pratiques » il serait préférable que le discours psychanalytique se diffuse plutôt qu'il reste secret, entre adeptes, en témoigne cette citation de Derrida : « [?] moins les discours psychanalytiques et e?thico-politiques s'inte?grent l'un l'autre au sens rigoureux que je viens d'indiquer, plus facile est l'inte?gration ou l'appropriation des appareils les uns par les autres, la manipulation du psychanalytique par des instances politiques ou policie?res, les abus de pouvoir psychanalytique, etc. [...]
[...] » Il refusait l'annexion de la psychanalyse par la me?decine. »14. Si même aux fondations de la psychanalyse, on ne la destine pas à une utilisation institutionnelle, comment concevoir qu'elle puisse servir le pouvoir ? La psychanalyse se positionne comme une pratique permettant de laisser parler le sujet, c'est-à-dire l'Inconscient, dans tout ce qu'il a de plus cru et de plus vrai. Derrida en dira même : « Si l'on prenait en compte se?rieusement, effectivement, pratiquement la psychanalyse, ce serait un tremblement de terre peu pre?s inimaginable. Indescriptible. [...]
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