Psychothérapie, douleur, masochisme, souffrance psychique, Freud, mythe de Marsyas, Didier Anzieu, L'énigme du masochisme, Philippe Jamet
Comment considérer une douleur qui ne trouve pas sa cause ? Comment considérer une douleur qui ne serait reliée à aucun objet physique, empirique, mais à une cause inconnue qui pourtant s'inscrit dans le corps ?
De l'hystérie aux douleurs chroniques, du sadisme au masochisme, c'est sur la question du corps articulée à la souffrance psychique que vient nous interroger la douleur.
Plus que cela, une fois ce paradoxe exposé, il vient nous confronter à une contradiction dans les termes : comment peut-on ressentir du plaisir dans la douleur ?
[...] Zorn cité par Pontalis : « Partout où cela fait mal c'est moi2 » ».(Jamet, 2000) C'est donc bien comme défense contre l'intrusion, pour réaffirmer une position de maîtrise que la réponse masochiste vient s'affirmer. De la même manière que la douleur, elle trouve dans le ressentit négatif l'affirmation de son corps comme corps propre et voulant préserver son intégrité. Bibliographie : - Freud, Sigmund, ?uvres complètes - psychanalyse - vol. XV : 1916-1920, « Un enfant est battu », PUF [1919]. - Godefroy, Hélène. « Genèse du masochisme », La clinique lacanienne, vol no pp. [...]
[...] Comment articuleriez-vous cela à la souffrance masochiste ? Il importe pour commencer de distinguer douleur et souffrance. Si la souffrance est considérée comme étant « psychique », la douleur est bien plus souvent reliée à une lésion physiologique interne ou externe. Seulement cette frontière devient poreuse dès lors que l'on considère - pour prendre un exemple - les douleurs chroniques. Nous dirions du côté de l'opinion que la douleur a pour office de nous indiquer un désordre dans le corps. Elle viendrait indiquer une disharmonie ressentie sur le corps, une anomalie ; elle vient nous indiquer la mise en danger du corps. [...]
[...] De la même manière donc que l'intrusion du danger sur / dans le corps est signifié par la douleur dans la maladie, la souffrance du masochiste - toujours déjà psychique, bien que s'inscrivant dans le corps - vient signifier l'intrusion de l'autre sur un corps qui est le sien. Plus encore, la souffrance du masochiste est celle de l'autre en moi-même ; des injonctions du surmoi. La défense masochiste est ainsi un moyen de se défaire de l'emprise là où elle se fait dangereuse pour l'intégrité de son moi. [...]
[...] 31-67. - Chassaing, Jean-Louis, « Marquer le coup. Les inscriptions corporelles », Journal français de psychiatrie, vol. n°24, n° pp. 20-26. - Brelet-Foulard, Françoise. « Du masochisme sexuel au double interdit du toucher, un itinéraire de recherche », Psychologie clinique et projective, vol n° pp. 37-43. [...]
[...] Le fantasme de la peau arrachée comme celle d'un animal vient indiquer le moment où cette interface entre le bébé et la mère vient à fonctionner comme corps propre. En cela elle vient signifier la séparation d'avec le corps la mère et vient désigner sa douleur comme sienne propre. Une des fonctions théorisées par le moi-peau est celle de pare-excitation, qui est d'abord, pour Anzieu, du côté de la mère. C'est aussi un moment, non-nécessairement pathogène du développement de l'enfant, que celui du fantasme de peau arraché. [...]
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