Deuil et mélancolie, Freud, psychanalyse, mélancolie, masochisme, deuil, psychologie clinique, métapsychologie, narcissisme, sadisme, érotisation, symptômes, traumatisme, réalité, perte, culpabilité, identification
En nous référant à la chronologie des oeuvres freudiennes traduites en français dont Résultats idées, problèmes I et II, écrites entre 1890 et 1938, Névrose, Psychose et Perversion en 1973, La Technique psychanalytique en 1953 et bien d'autres, nous pouvons comprendre que l'étude « Deuil et mélancolie » a été faite avant celle du masochisme. Si on essaie d'aller plus loin de la psychanalyse, en particulier la psychanalyse analytique et clinique, le concept du masochisme présente des symptômes atypiques chroniques de la mélancolie en nous basant sur la détermination réalisée par Freud lui-même au début des années 1900, plus précisément en 1915.
[...] En réalité, le moi ne contrôle pas le mouvement de l'automutilation généré par la disparition de l'objet. Le comportement autodestructeur, voire d'auto-anéantissement se fait à l'encontre de ce moi objectal. Faisons néanmoins remarquer que quand l'individu se dévalorise, c'est parce qu'on manifeste une certaine ambition de camoufler les assauts de l'objet divinisé. Par contre, si le sujet prend la décision de discréditer l'objet de telle manière qu'il ne constitue plus une admiration pour lui, il s'en détachera. Pour l'affliction, la peine et la souffrance, elles sont au départ éprouvées par le sujet lui-même en prenant plaisir à se faire souffrir cruellement en ce sens qu'elles se tournent vers le moi intériorisant l'objet. [...]
[...] Il n'est jamais parvenu à bien vivre son deuil si bien que chroniquement il lui arrive d'être mélancolique. Soudain, il n'arrive plus à démarrer sa voiture, la fait réparer mais en vain. Il est à savoir que monsieur T est pris en charge en SDT dans une unité close où des étudiants en psychiatrie font leur stage. Son admission relève de troubles post traumatiques contractés à la vue de la mort tragique de son père mais son deuil pour sa mère n'était pas compliqué pour lui. [...]
[...] Cela fait plus de 15 ans qu'il a bénéficié d'un accompagnement psychiatrique et thérapeutique. Cependant, son cas s'est aggravé à la panne de sa voiture et devient mélancolique. Un dysfonctionnement électrique a brutalement embrasé le véhicule. Cette perte, source de sa mélancolie, est considérée par l'individu comme inconsciente si bien qu'il se reproche, se culpabilise. Son moi veut à tout prix s'approprier l'objet perdu, devenu un objet sadique. Il devient pour cela masochiste car en plus de son automutilation, il en prend du plaisir en supportant sa propre souffrance. [...]
[...] Il éveillera les pulsions et les impulsions sexuelles du sujet. Cet état psychique est l'affliction. Donc c'est l'érotisation de cette affliction et la satisfaction éprouvée à travers cette peine et en supportant cette peine. Quant au mélancolique, il lui arrive aussi d'avoir besoin de l'objet sadique. Tiraillé entre deux processus métapsychologiques, le sujet instituera le premier objet extérieur. Il n'a plus accès à la mélancolie à cause des offensives d'un psychanalyste. Il lui donnera alors tort de lui faire subir une nouvelle affliction. [...]
[...] Cette situation constitue le premier critère du « travail de mélancolie ». Lorsque l'objet a été investi selon la façon de l'individu, ce dernier s'identifie à travers cet objet. Ce qui nous permet de comprendre, à travers notre réflexion, que le mécanisme identificatoire vient de la manière dont l'objet, source de la mélancolie, a été institué. Il est question de la mise en possession d'un objet suscitant de l'admiration pour l'individu lui-même, relative à la divinisation objectale selon laquelle le sujet s'institue par l'entremise de l'objet. [...]
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