Le prénom Un élément de l'identité participant à l'évaluation de soi et d'autrui, Nicolas Gueguen, Maya Dufourcq-Brana, Alexandre Pascual, psychologie sociale, identité, estime de soi, personnalité, stéréotypes, genre, interaction sociale, choix du prénom, originalité, scolarité, bien-être, CSP Catégorie Socio-Professionnelle, effet Pygmalion, psychologie des prénoms, représentation sociale, classe sociale
Les facteurs de la représentation sociale des individus ont fait l'objet, en psychologie sociale, de recherches antérieures variées. De nombreux chercheurs se sont intéressés à l'effet de l'apparence sur les interactions sociales, sur les effets du positionnement socio-économique, et bien d'autres variables. Mais qu'en est-il du prénom, le marqueur identitaire le plus évident pour un individu ?
[...] Le prénom : un élément de l'identité participant à l'évaluation de soi et d'autrui - Nicolas Gueguen, Maya Dufourcq-Brana et Alexandre Pascual (2005) Résumé d'article Les facteurs de la représentation sociale des individus ont fait l'objet, en psychologie sociale, de recherches antérieures variées. De nombreux chercheurs se sont intéressés à l'effet de l'apparence sur les interactions sociales, sur les effets du positionnement socio-économique, et bien d'autres variables. Mais qu'en est-il du prénom, le marqueur identitaire le plus évident pour un individu ? [...]
[...] Ainsi, la question du choix du prénom est immensément plus complexe qu'on ne le pense. Le choix du prénom est influencé par la désirabilité sociale et porte des représentations psychologiques spécifiques, participant aussi à la construction identitaire de l'individu ainsi qu'à la nature de ses interactions avec autrui. Pour autant, même si la méthode corrélationnelle a été préférée dans la recherche en psychologie des prénoms, la méthode expérimentale pourrait nous donner des réponses plus précises quant à son implication, par exemple, dans la réussite ou l'échec scolaire des élèves. [...]
[...] Cependant, l'effet du prénom ne semble pas supplanter celui de la beauté physique (Erwin, 1994 ; Hassebrauck, 1988). Concernant la réussite scolaire, les résultats en lien avec les prénoms sont à relativiser en fonction des m?urs sociétales. En effet, les auteurs indiquent par exemple que les participants de l'étude de Stewart et Segalowitz résidaient au Canada, et qu'il était d'usage chez les CSP supérieurs du Canada de donner à leurs enfants des prénoms plus traditionnels, ce qui pourrait mieux expliquer leurs meilleures performances en lecture que leur prénom seul. [...]
[...] Cette disparité apporte la question de l'incrémentation du prénom dans l'identité de l'individu, en particulier dans la création de sa personnalité et de l'image de soi. Pour certains auteurs, le prénom peut être source de dépréciation sociale et d'une moindre estime personnelle (Garwood, 1976). D'autres auteurs soutiennent que le prénom, s'il est original, peut favoriser le bien-être de l'individu parce que le prénom est alors ressenti comme un attribut unique (Zweigenhaft, 1981). Les recherches concernant le lien entre la personnalité des individus, leur bien-être et leur prénom restent assez vagues. [...]
[...] Pour les garçons, on privilégiera un prénom de l'entourage proche voire du père du garçon (Otta, 1997). Ces prénoms inscrivent d'office le jeune garçon dans une culture et une dynamique sociale et/ou familiale précise. Pour les filles, on choisira plutôt un prénom plus original et à consonance féminine (Otta, 1997). Cela causerait des disparités dans l'appréciation du prénom selon le genre : Les filles auraient tendance à moins aimer leur prénom que les garçons, puisque l'originalité de leur prénom serait un obstacle aux relations sociales positives (Gladding et Farrar, 1982). [...]
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