Rousseau, Condorcet, éducation des filles, condition féminine, droits des femmes, égalité intellectuelle, naturalisme, universalisme, mixité scolaire, stéréotypes, répartition des tâches, inégalités sociales, émancipation des femmes, éducation et scolarisation, partage des connaissances, évolution, Du contrat social, lumières, féminisme, société patriarcale, discrimination sexuelle, principes de l'instruction publique, réflexion, liberté d'éducation, théorie du genre
À une époque où les mouvements féministes ont ouvert la voie à l'intégration progressive de l'égalité homme-femme dans les mentalités et normes sociales, il est nécessaire de se souvenir du chemin parcouru. Les conceptions « traditionnelles » issues du patriarcat renvoient la femme à une place minoritaire et dépendante de l'homme, comme le présente le Code de Napoléon (1804). La logique de l'importance de l'éducation dans l'élaboration psychique de l'individu et le contrôle social qu'elle impose ne sont plus à démontrer, et les penseurs des XVIIIe et XIXe siècles l'ont reconnu. [...]
À travers les écrits de Condorcet, "Premier mémoire - Nature et objet de l'instruction publique" (1791) et "Sur l'admission des femmes au droit des cités" (1790), ainsi que du chapitre consacré à Rousseau dans le livre "Les femmes de Platon à Derrida - Anthologie critique" (2010), nous répondrons à la question suivante : comment Condorcet et Rousseau pensent-ils la place et le rôle des femmes dans la société, et comment l'éducation des filles est-elle pensée ?
[...] L'humanisme de Condorcet et des quelques savants ultérieurs ont permis d'amorcer la révolution culturelle vécue, et encore en expansion. Et, il est intéressant de rendre compte de la qualité du fond de sa pensée : certes, la femme était le sujet exposé, mais il s'agit en fait d'une démonstration de la profonde ineptie de l'espèce humaine à se cacher derrière un raisonnement illogique dans le but de prouver et de maintenir un équilibre qu'il ne souhaite pas voir disparaître par peur de changement, par orgueil et par pouvoir. [...]
[...] Pour autant, les premières féministes apparues peu avant, et l'éducation des femmes de la haute société, laissaient entrevoir un besoin de changement des mentalités. Les visions de Rousseau et de Condorcet présentent les deux extrêmes de cette problématique. La femme n'était pas indépendante, mais soumise au passage obligatoire du régime parental au régime marital. Une grande majorité des penseurs de l'époque n'entrevoyait pas la possibilité que la femme soit un individu à part entière, mais restait cantonnée à l'idée qu'elle ne pouvait représenter que l'âme du foyer. [...]
[...] « Cultiver dans les femmes les qualités de l'homme, et négliger celles qui leur sont propres, c'est donc visiblement travailler à leur préjudice : les rusées le voient trop bien pour en être les dupes ; en tâchant d'usurper nos avantages, elles n'abandonnent pas les leurs »5. À l'inverse, Condorcet, que nous pouvons considérer en avance sur son temps, ou peut-être plus éclairé vis-à-vis de la condition humaine, entrevoyait la possibilité de l'égalité des genres. La pensée du marquis de Condorcet se rattache à l'expansion et à la lutte contre les inégalités de la société des Lumières. [...]
[...] Comment Condorcet et Rousseau pensent-ils la place et le rôle des femmes dans la société, et comment l'éducation des filles est-elle pensée ? À une époque où les mouvements féministes ont ouvert la voie à l'intégration progressive de l'égalité homme-femme dans les mentalités et normes sociales, il est nécessaire de se souvenir du chemin parcouru. Les conceptions « traditionnelles » issues du patriarcat renvoient la femme à une place minoritaire et dépendante de l'homme comme le présente le Code de Napoléon (1804)1. [...]
[...] Condorcet s'exprime clairement : il n'y a pas de différences naturelles entre l'homme et la femme. Cette affirmation doit être comprise par la perspective intellectuelle et non biologique, et il le prouve en démentant les conceptions rattachées aux capacités féminines dans son écrit. En considérant son approche du genre humain, il devient naturel pour Condorcet de proposer une éducation égalitaire. Leur société (la société mondiale à cette époque) était la seule à avoir réfuté l'égalité des genres, l'orgueil empêchant la prise de conscience générale. [...]
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