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Le terme d'ubérisation fait référence à la célèbre application mobile permettant de mettre en relation des chauffeurs VTC et des clients. On entend plus précisément par « ubérisation » ou « plateformisation », comme on entend parfois, « le développement des plateformes numériques de travail et les transformations des métiers et des emplois qu'elles induisent » pour reprendre la définition du rapport d'information sur « L'ubérisation de la société : quel impact des plateformes numériques sur les métiers et l'emploi » du sénateur Pascal Savoldelli (2021).
Pour ses promoteurs, l'ubérisation de la société devrait s'accompagner d'une plus forte croissance économique, tandis que, pour d'autres, au contraire, elle est synonyme d'une plus grande précarisation et d'un délitement de la société. Peut-on trancher entre ces deux thèses opposées ?
[...] L'ubérisation de la société : un vecteur de transformation des entreprises et de l'emploi? A. Ubérisation et intensification de la concurrence L'ubérisation de la société est, tout d'abord, est un vecteur de transformation des entreprises et est porteuse de nombreux emplois. C'est ce que nous allons voir dans cette première partie en analysant d'abord l'intensification de la concurrence qu'elle permet, puis en étudiant comment l'ubérisation de la société peut contribuer à la création d'emplois. L'ubérisation permet, tout d'abord, une intensification de la concurrence. [...]
[...] How powerful combinations of disruptive technologies are enabling the next wave of digital transformation paru en 2017, cette intensification de la concurrence permise par l'arrivée des plateformes ubérisées participe, en retour, à l'accroissement de l'innovation, à des baisses de prix, bénéfiques pour les consommateurs, et plus généralement à l'augmentation des variétés offertes par les producteurs. B. Ubérisation et création d'emplois Dans le même temps, l'ubérisation de la société est génératrice d'emplois. En permettant une plus grande flexibilité, ces plateformes fournissent des débouchés pour de très nombreuses personnes, le plus souvent déclarées comme auto-entrepreneurs. [...]
[...] Par exemple, à la suite de la révolte des taxis en France, la loi Thévenoud a renforcé les exigences pour les VTC et a visé à améliorer le sort de ces travailleurs, notamment en instaurant une présomption d'emploi pour les chauffeurs de VTC, ce qui leur permet de bénéficier dans une certaine mesure d'une protection sociale. La fragilisation de nos sociétés apparaît également à travers l'exemple de l'immobilier. Dans de nombreuses capitales européennes, des plaintes à l'encontre d'Airbnb se font entendre. La mise à disposition d'appartements pour des locations de courte durée auraient selon les populations locales et une partie des pouvoirs publics pour conséquence d'entraîner une pénurie de logements et une hausse des loyers. [...]
[...] Autrement dit, l'ubérisation de la société permettra-t-elle une croissance durable ? Pour répondre à cette question, nous procéderons en deux temps. Dans une première partie, nous étudierons comme l'ubérisation de la société peut stimuler la croissance économique, à travers l'intensification de la concurrence, et la création d'emplois. Dans une seconde partie, nous nuancerons notre propos en montrant que les gains de productivité induits par l'ubérisation sont, par essence, limités et en expliquant comment l'ubérisation peut contribuer à fragiliser nos sociétés, en particulier en générant une plus grande précarité. [...]
[...] Or, ces activités de services ne connaissent que peu de gains de productivité. On peut ici citer les deux fameux exemples suivants, le premier emprunté à William Baumol, le second à Jean Fourastié : un quintette de musiciens n'est pas plus productif aujourd'hui qu'à l'époque de Mozart et peu de progrès - au sens de progrès technique - dans la manière de couper les cheveux n'a eu lieu au cours des décennies précédentes. La formule de Daniel Bell résume bien ce phénomène : « l'absorption par les services d'une part croissante de la main d'?uvre freine nécessairement la productivité et la croissances globales ». [...]
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