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Tensions ravivées au Cachemire entre l'Inde et le Pakistan, reprise des essais nucléaires en Corée du Nord, prétentions territoriales de la Chine dans les îles de la mer éponyme... ; mais aussi, montée du niveau des mers particulièrement inquiétante pour les îles du Pacifique, rivalités commerciales... L'Asie-Pacifique est plus que jamais au coeur de l'actualité, voire des préoccupations.
L'on pourrait être amené à considérer que la France se trouve trop éloignée géographiquement pour s'intéresser aux soubresauts qui agitent cette partie du monde. Une telle lecture serait pourtant en trompe-l'oeil ; si la France n'est plus politiquement présente sur le continent asiatique, elle conserve des territoires d'outremer et un large espace maritime en Océanie, la rendant de fait actrice de ce qui se passe en Asie-Pacifique ; et justifiant le développement de liens culturels et économiques, mais aussi le déploiement de forces militaires, aux antipodes de l'Hexagone.
[...] L'importance de la région pour la sécurité mondiale Densément peuplée, désormais usant de son fort potentiel économique et militaire, la région Asie-Pacifique n'inquiète cependant pas uniquement pour les conflits qui peuvent s'y dérouler, mais sur l'impact que ceux-ci pourraient avoir bien au-delà. Cela se manifeste par plusieurs points. En premier lieu, l'Asie-Pacifique est, devant même le Moyen Orient, la région au sein de laquelle le risque d'escalade d'un conflit au cours duquel l'arme nucléaire serait utilisée est le plus élevé - mais aussi, à plus court terme, une prolifération nucléaire sans précédent. [...]
[...] des enjeux de soft power non négligeables Et si, finalement, les raisons de la présence militaire française étaient d'abord économiques ? Cet argument, que François Godemont qualifiait même d' « impératif économique », est d'ailleurs régulièrement mis en avant par la France pour justifier la présence de troupes dans l'Asie Pacifique face à la méfiance des pays de la région mais aussi à la compétition américaine. En tout premier lieu, les forces françaises, en défendant leurs territoires et surtout leurs ZEE, protègent naturellement les ressources qui y sont présentes (hydrocarbures, halieutiques?). [...]
[...] Dans le domaine de l'environnement, la ministre de la défense Florence Parly a insisté lors des dernières universités d'été de la défense sur le lien fort existant entre défense et environnement, les catastrophes naturelles ayant inévitablement des conséquences sécuritaires. Le ministère des Armées s'engage pour cette raison dans des actions de prévention de ces catastrophes, travaillant ainsi à privilégier l'anticipation sur la réaction. Le soft power s'exprime aussi dans le domaine culturel. L'Asie-Pacifique représente une région particulièrement prioritaire pour la diffusion de la culture et de la langue françaises. [...]
[...] Pékin use d'une stratégie relativement efficace, celle de l'aménagement d'îlots à des fins strictement militaires, lui permettant de fait de contrôler de vastes territoires maritimes. Mais aussi, la Chine renforce sa présence militaire dans l'Océan Indien : des bases ont été installées au Pakistan, au Sri Lanka, au Bangladesh et en Birmanie, ce qui est loin d'avoir plu à l'Inde se trouvant de fait encerclée - et jouant la carte de l'alliance militaire avec les Etats-Unis. L'armée indienne, en effet, est beaucoup moins présente en dehors de ses frontières, si ce n'est quelques cas spécifiques comme la mission indienne de maintien de la paix au Sri Lanka. [...]
[...] Enfin, alors que les projets de diplomatie, de coopération, voire d'engagement militaire européens sont de plus en plus évoqués, il nous semble intéressant de conclure en nous interrogeant sur le trait d'union que la France pourrait constituer entre nations européennes et nations asiatiques et pacifiques. Son expérience et son expertise dans cette région du monde pourraient être tout à fait appréciables pour contribuer à des projets ambitieux de l'Union Européenne dans des secteurs allant de la gestion des crises (économiques, militaires, environnementales?) à la coopération au développement de long terme. [...]
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