Architecture du care, perception architecturale, communauté LGBTQIA+, architecture inclusive, boîte de nuit, queer, espaces festifs, Berghain, Studio 54, inclusivité, ambiance, identité minoritaire, atmosphère, discothèque, loi du 11 février 2005, Droits LGBTQIA, inclusion, droit des minorités, interactions humaines, écophénoménologie, espace communautaire, perception sensorielle, enjeux sociaux, enjeux environnementaux, esthétique, scénographie
Si la lutte contre la discrimination prend dans la période contemporaine une dimension structurelle, notamment grâce à sa meilleure intégration dans la conception de la ville et des bâtiments, les origines du combat pour l'égalité ont partie liée avec la clandestinité et la discrimination qui en découle. À cet égard, le mouvement d'affirmation des droits LGBT demeure indissociable du monde de la nuit et de la fête, comme en témoignent les émeutes de Stonewall de 1969 aux États-Unis et la coloration festive des manifestations de revendication . Les lieux festifs, en effet, se caractérisent par des logiques de ségrégation et de discrimination qui continuent aujourd'hui d'exclure certains publics. Le défi de l'inclusivité intègre donc pleinement les objectifs de conception, d'aménagement et d'exploitation du bâti afin de permettre l'intégration du plus grand nombre et de la diversité. Ici, la notion de « care » permet d'articuler à la fois le besoin d'accorder une attention spécifique aux publics rejetés par l'application sans discernement des normes conventionnelles de l'architecture, ou des normes sociales, tout en gardant à l'esprit que cette inclusivité bénéficie à l'ensemble du groupe social. [...]
Pour donner une dimension concrète à ces analyses, la réflexion intègre ici des discothèques emblématiques des années 1960, comme le Studio 54 de New York ou, plus récemment, le Berghain de Berlin. L'objectif est de montrer comme la fête, par sa réinvention perpétuelle des codes sociaux, contient en germe des pistes de réflexion pour penser et appliquer des marqueurs d'inclusivité. En parallèle, une réflexion est également conduite sur la fête dans l'espace domestique, celui-ci étant utilisé comme étalon du bien-être et de l'inclusivité : l'espace domestique, en effet, aménagé et conçu par celles et ceux qui l'habitent, offre un ensemble accueillant et non discriminant, à partir duquel nous pouvons analyser, par contraste, l'espace extérieur et son lot de contraintes ou de discrimination à l'égard des publics minoritaires. Au regard de ces enjeux conceptuels, architecturaux et historiques, la question du rôle du bâti dans l'accompagnement du mouvement de l'inclusivité s'articule autour de l'élaboration d'une architecture du care dans le milieu de la nuit.
[...] L'enjeu de cette notion pour la recherche conduite dans le cadre de ce mémoire est de permettre de penser le queer en fonction de l'espace, et inversement, de penser l'espace en fonction de l'approche identitaire queer. L'objectif consiste notamment à montrer comment « les identités personnelles et communautaires sont souvent cachées dans les paysages ordinaires, et [comment] l'esthétique peut aider à les révéler »39. De ce point de vue donc, l'espace queer se définit, comme l'identité queer, avant tout comme espace en train d'advenir40. [...]
[...] Appliqué à l'architecture, cette vision implique d'intégrer les individus comme autant d'éléments de l'objet architectural lui-même. C'est la raison pour laquelle la revendication d'une architecture queer fondée sur la réintégration de paramètres tels que les identités et les relations interpersonnelles (Jobst & Stead, 2023) permet de comprendre le rapport que les minorités peuvent entretenir avec l'objet architectural en fonction de la façon dont il est investi par des identités habituellement périphériques et minoritaires dans l'espace public. Dans le modèle de Bégout, il n'existe donc pas rupture nette entre l'individu et son milieu. [...]
[...] Par conséquent, pour répondre à la question de connaître quels pourraient être les principes d'une architecture inclusive, les principes proposés dans la dernière section de ce mémoire valorisent tous une intervention architecturale minimale, au sens où elle se limite à l'acte de construire et de suggérer, mais se garde bien d'édicter des comportements à tenir dans les espaces créés. Cette intervention minimale constitue donc également à certains égard une intervention maximale, au sens où elle regagne le champ de l'architecture pure, libéré des contraintes sociales et des normes implicites que l'architecture charrie parfois sans le savoir. A plus long terme, la construction d'une grammaire inclusive au sein du geste de conception et de construction suppose d'accorder une attention nouvelle aux stéréotypes inconsciemment véhiculés par la reproduction de normes architecturales héritées du passé, et non réinterrogées. [...]
[...] (2008). L'édéitique de l'espace chez Merleau-Ponty, Archives de Philosophie, issue tome 71, pp. 407-438. Zaytseva A., (2017), « Etre comme chez soi », mécanismes de tri et homogénéisation sociale dans les clubs et bars DJ de Saint-Pétersbourg, Cultures & Conflits, issue n° 105-106, pp. 99-122. [...]
[...] Or cette notion de fluidité invite à étudier la manière dont les corps se meuvent dans l'espace, et notamment les dynamiques de circulation. 4. Le corps dans l'espace L'analyse du corps en mouvement dans l'espace architectural permet, conformément à l'approche phénoménologique, de le situer au sein de l'expérience architecturale en cours de production. Les mouvements peuvent être de plusieurs ordres : les mouvements « macro, » pourrait-on dire, concernent les translations d'un point A à un point A. Dans le cas du Berghain, il s'agit essentiellement de rallier les différents espaces entre eux, et de jouer sur la dynamique intérieur/extérieur grâce au jardin. [...]
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