Grand oral, HLP Humanités Littérature Philosophie, Douze Hommes en colère, Sidney Lumet, film, parole, pouvoir, huis-clos, passion, rationalité, émotions, dialogue, justice, silence, argumentation, Sartre
Dans Douze hommes en colère, film réalisé par Sidney Lumet en 1957, douze jurés sont enfermés dans une salle pour décider du sort d'un jeune homme accusé de parricide. Alors que l'unanimité semble acquise pour le condamner et souhaite que l'affaire soit réglée rapidement, un seul juré s'oppose au verdict, non parce qu'il est convaincu de l'innocence de l'accusé, mais parce qu'il doute, un doute qu'il va partager par la seule force de la parole.
[...] Le philosophe en venait ainsi à conclure que « l'enfer, c'est les autres », autrement dit, c'est le regard que porte les autres sur nous qui peut s'avérer très difficile à supporter. À :36 alors que le juré n°8 est en train de réaliser sa démonstration, on constate à quel point la mise en scène montre la force de ce juré n°8 qui symbolise le logos rationnel, la parole calme. On remarque que le juré n°8 est entouré de tous les autres. [...]
[...] Là où le juré n°10 semble effectivement se situer dans une démonstration de force, le juré n°8 reste calmement à sa place et prononce très peu de phrases, réfute l'argumentation en avançant que le témoignage sur lequel s'appuie le juré n°10 provient d'une personne de la même classe sociale que celle de l'accusé et donc ne devrait pas valoir davantage que celle de l'accusé selon les stéréotypes sociaux sur lesquels se fonde le juré n°10. Le juré n°8 se sert donc de la réfutation par l'absurde pour mieux désamorcer l'argumentation de son adversaire. Symboliquement, le juré n°10 revient à sa place en ayant fait entre-temps le tour de la table, comme si son raisonnement avait en quelque sorte tourné en rond et qu'il concédait sa défaite. II - La faiblesse de la force aveugle Le juré n°3 semble bien représenter l'impuissance de la parole forte. [...]
[...] Les gros plans sur le juré n°3 et sur les manifestations de sa colère représentent une belle manière de la part du réalisateur de mettre en scène l'impuissance d'une parole tonitruante. Il y a quelque chose de paradoxal à ce qu'une telle démonstration de vigueur s'avère inopérante. III - Le pouvoir de la parole s'exprime également par le silence Le huis clos peut faire penser au philosophe Jean-Paul Sartre qui dans la pièce de théâtre du même nom, mettait en scène des personnages qui se confrontaient de façon éprouvante les uns aux autres dans le regard qu'ils se portaient. [...]
[...] Le pouvoir de la parole s'incarne en particulier dans le juré n°8 qui montre que le véritable pouvoir réside dans la capacité à faire réfléchir, à semer le doute. Ainsi, le film démontre à quel point la parole peut être impuissante face au calme rationnel de l'expression de la justice et de la rationalité. Des personnages ont beau s'agiter, mus qu'ils sont par des passions tristes ou bien par des clichés, ils ne font que se heurter à l'inflexibilité flegmatique du juré n°8 et la mise en scène illustre bien ce pouvoir du logos rationnel face à la parole irrationnelle et à l'impulsivité. [...]
[...] Douze Hommes en colère - Sidney Lumet (1957) - Comment le réalisateur met-il en scène le pouvoir de la parole dans un huis clos d'une grande tension ? - Grand oral HLP Comment est mis en scène le pouvoir de la parole dans 12 hommes en colère de Sidney Lumet ? Dans Douze hommes en colère, film réalisé par Sidney Lumet en 1957, douze jurés sont enfermés dans une salle pour décider du sort d'un jeune homme accusé de parricide. [...]
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