Marseille, géographie spatiale, géographie sociale, géographie scolaire, territoire scolaire, fragmentation urbaine, école publique, ségrégation scolaire, école privée, carte scolaire, choix de scolarisation, pratiques scolaires, inégalites socio-résidentielles, offre scolaire, urbanisme, diversification, éducation et scolarisation, projet Euroméditerranée, échec scolaire, réussite scolaire, politiques urbaines, inclusion, enseignement
La thèse de Gwenaëlle Audren, intitulée « Géographie de la fragmentation urbaine et territoires scolaires à Marseille » et publiée en 2015, a pour objet de décrire et d'analyser les formes de fragmentation urbaine à Marseille et leurs conséquences socio-spatiales sur l'offre scolaire au niveau des collèges de la ville ainsi que sur les pratiques de choix de scolarisation à partir de l'entrée en 6e à plusieurs échelles en 2006 et 2009. La thèse présente un point de vue inédit pour la recherche en géographie sociale, car il s'agit de la première thèse en France qui fait le choix de questionner l'espace par la question des pratiques scolaires. Cette thèse s'inscrit dans le cadre d'un axe de recherche du Laboratoire Population Environnement Développement - Territoires, Diversité urbaine et environnement (LPED-TRAMES sous tutelle de l'Université Aix-Marseille et de l'Institut de Recherche pour le Développement).
Dans le cadre de cette fiche de lecture, nous synthétiserons les différents chapitres de la thèse, en mettant en avant ses différents arguments et débats scientifiques.
[...] Le chapitre a ici un double enjeu : montrer en quoi une homogénéité locale détermine des pratiques scolaires spécifiques et analyser comment elles affectent l'évolution des espaces urbains et scolaires. Le chapitre montrera que bien qu'il y ait homogénéité sociale, le contexte scolaire est tout de même divisé. Un processus d'homogénéisation territoriale ? Château-Gombert se trouve dans le 13ème arr., un des arrondissements les plus défavorisés de Marseille, caractérisé par sa « clubbisation » (Charmes, 2007). On entend par là, un espace dans lequel les politiques ont figé l'urbanisation et dans lequel se manifeste un exclusivisme social. [...]
[...] Dans une seconde partie, elle analyse l'élaboration des pratiques scolaires des parents en soulignant l'importance des images sur la représentation des quartiers et dans la construction du choix scolaire. Pour cela, elle s'appuie dans ce chapitre sur une enquête qualitative menée auprès de 63 personnes dans le cadre d'entretiens semi-directifs. Comment les acteurs institutionnels conçoivent-ils l'espace scolaire ? L'autrice rappelle tout d'abord que la construction de l'espace scolaire est le fruit de la concertation entre différents acteurs publics et privés, influencés par les recompositions urbaines et également mobilisés au service d'une politique urbaine de renouvellement des quartiers. [...]
[...] Gwenaëlle Audren souligne la définition de Navez-Bouchanine : « la fragmentation urbaine correspond à un processus d'éclatement d'un objet spatial considéré comme porteur d'une identité sociale » . La fragmentation remet particulièrement en cause la notion de mixité sociale, notamment en milieu urbain. Une fois ces concepts introduits, Gwenaëlle Audren s'intéresse au territoire de Marseille et à ses spécificités : le territoire de la commune est entouré de montagnes avec peu d'axes de percement. Son urbanisation s'est faite par à-coups, jusqu'au XXème siècle, où il y a eu une explosion urbaine avec une large diffusion de l'habitat individuel. [...]
[...] Tout d'abord, l'autrice analyse que les pratiques scolaires sont spatialement localisées. En des élèves respectaient la carte scolaire l'évitaient. L'évitement a cru entre 2006 et 2009. Les choix d'évitement s'opèrent majoritairement dans le secteur scolaire de proximité et pour une majorité dans le privé La majorité évite en allant aux collèges Provence et Cluny. Elle analyse que cela concerne majoritairement les populations au capital économique très favorisé et que les catégories moyennes avec capital culturel respectent majoritairement la carte scolaire. [...]
[...] On compte une variation importante du nombre d'habitants par collèges publics : de 8000 par collège dans le 14ème à plus de 22700 dans le 4ème et le 5ème. L'offre privée est quant à elle essentiellement concentrée en centre-ville 6ème), dans le Sud (8ème) ou à proximité de paroisses catholiques (ex : Saint-Joseph de Viale dans le 15ème). L'ensemble des établissements privés sont des cités scolaires de la maternelle à la terminale. On observe aussi un déséquilibre important entre secteurs d'enseignement du centre-ville et des périphéries. Les arrondissements les mieux dotés sont le et 6ème notamment en raison de l'implantation de collèges privés. [...]
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