Religion, Algérie, Islam, colonisation française, Éducation, enseignement religieux, Oumma, catholicisme, religion musulmane, pratiques religieuses, famille, éducation morale, guerre d'Algérie, Différenciation culturelle, identité culturelle, indépendance algérienne, Anthropologie, transmission de la foi, réforme éduactive, salafisme, soufisme, Coran, ministère des Habous, FLN Front de Libération Nationale, ordonnance du 16 avril 1976
Ce mémoire porte sur les modalités de transmission religieuse en Algérie entre 1940 et 1980, en croisant une approche historique, sociologique et anthropologique.
L'objectif est de comprendre comment l'islam a été appris et transmis "par le bas" dans les milieux populaires (famille, quartier, mosquée locale), à travers des formes non institutionnelles de socialisation religieuse grâce à 2 types de données complémentaires :
- des entretiens semi-directifs ;
- un questionnaire quantitatif permettant d'identifier des tendances générationnelles, sociales et genrées.
[...] Ce rôle des confréries est prégnant et ceci quel que soit les générations interrogées. Il apparaît en revanche, que l'influence de cheikhs étrangers, des médias et d'un discours médiatique islamique s'est accentué notamment à partir des années 70. Les personnes interrogées ont également su nous décrire de véritables effets de ruptures générationnels, avec une tension particulièrement marquée entre l'islam séculaire, tolérant transmis en famille et les formes plus rigoristes apparues après la réforme de l'enseignement éducatif de 1976 et le réveil confessionnel des années 1980. [...]
[...] Parmi ces figures traditionnelles : les cheikhs, faqihs et mu'allim qui continuèrent à jouer des rôles primordiaux dans la transmission de la foi au sein de l'Algérie colonisée comme dans l'Algérie postindépendance. Les figures religieuses traditionnelles jouent un rôle important dans le cadre de la transmission de la foi, même dans la période post-réforme éducative. Ainsi, avant de nous intéresser à leur importance dans le récit des personnes que nous avons interviewées, nous rappellerons les différentes définitions relatives aux fonctions de ces figures religieuses. [...]
[...] Les frères et la mosquée : Enquête sur le mouvement islamiste en Algérie (p. 13-43). Karthala. https://shs-cairn-info.bsg-ezproxy.univ-paris3.fr/les-freres-et-la-mosquee--9782865372638-page-13?lang=fr. Sadeg, M. (2014). Évolution du système éducatif de l'Algérie de 1830 à 2012 : origines historiques des disparités régionales. Revue des sciences commerciales et de gestion, 10(1), 15-59 Sanson, H. (1983). Le savoir religieux en Algérie. Cahiers de la Méditerranée, 7(1), 91-103. https://doi.org/10.3406/camed.1983.1584 Talbi, S. M., & Benziane, K. [...]
[...] Écarts, tensions ou convergences avec la transmission familiale Enfin, au travers de nos enquêtes, il nous a été possible de comprendre les écarts, tensions ou convergences pouvant exister entre les enseignements suivis à l'intérieur et en dehors de la cellule familiale. Nous tenterons ici de mettre en avant ces phénomènes. Pour les personnes nées à la fin des années 40 et au début des années 50, les témoignages des interviewés décrivent davantage des convergences dans la manière d'aborder la foi mais aussi leur transmission de leur foi à leurs enfants. [...]
[...] Ainsi, l'enseignement transversal de cette recherche est que la transmission de la foi ne se résume pas à une simple passation verticale de savoirs (du parent à l'enfant, du maître à l'élève). Il s'agit d'un processus complexe d'appropriation par l'individu, qui passe autant par le vécu, l'expérience, l'observation, que par l'instruction formelle. La notion de « religiosité vécue » renvoie à cela : ce qui se transmet, ce n'est pas seulement un contenu (des connaissances ou des dogmes), mais une manière de vivre la religion au quotidien. [...]
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