Les Principes de la philosophie, Descartes, métaphysique, dieu, Religion, connaissance, raisonnement, science, nature, morale humaine, savoir
Le texte proposé ici est extrait des Principes de la philosophie de René Descartes. Il s'agit plus précisément de l'article 1 et 2 du livre III. Dans les principes de la philosophie, comme il l'écrit dans sa préface, Descartes forme le projet encyclopédique d'ordonner les sciences, c'est-à-dire d'établir avec précision et méthode l'architecture des savoirs. Il constitue cet ordre selon l'allégorie d'un arbre, dont les racines sont la métaphysique, dont le tronc est la physique et les branches principales la mécanique, la médecine et la morale. Dans ce projet, la métaphysique, science des principes ou des causes premières, doit constituer le fondement ultime de toutes les sciences. Chercher les principes, c'est chercher ce qui est premier, comme nous l'enseigne l'étymologie latine de ce mot (principium), ce qui vient en avant. Mais ici s'impose un premier problème, quant à la fonction de la métaphysique dans cette architecture.
[...] 1-2 - Descartes (1644) - La métaphysique doit-elle être la cause première, le fondement du savoir objectif, ou bien sa finalité, c'est-à-dire ce en vue de quoi la connaissance existe ? Introduction Le texte proposé ici est extrait des Principes de la philosophie de René Descartes. Il s'agit plus précisément de l'article 1 et 2 du livre III. Dans les principes de la philosophie, comme il l'écrit dans sa préface, Descartes forme le projet encyclopédique d'ordonner les sciences, c'est-à-dire d'établir avec précision et méthode l'architecture des savoirs. [...]
[...] Cette position rejaillit sur la question morale, elle suppose de la part du philosophe de rénover entièrement la question du jugement et de la valeur de l'action selon cette anthropologie. En effet, les axiomes de notre raison ne peuvent à eux seuls déterminer comment agir dans le monde, à partir du moment où nous avons compris que la limitation de notre jugement nous empêchait de saisir parfaitement l'ordre des fins. Conclusion Dès lors, l'homme médiocre en son esprit semble aussi médiocre en son action, lorsqu'il doit juger de la valeur morale et de la finalité de celle-ci. [...]
[...] Mais ici s'impose un premier problème, quant- à la fonction de la métaphysique dans cette architecture : la métaphysique doit-elle être la cause première, le fondement du savoir objectif, ou bien sa finalité, c'est-à-dire ce en vue de quoi la connaissance existe ? Cette question va s'avérer cruciale afin de comprendre et d'expliquer l'extrait ici présenté. En effet les titres des deux articles « qu'on ne saurait penser trop hautement les ?uvres de Dieu » et « qu'on présumerait trop de soi-même si l'on entreprenait de connaître la fin que Dieu s'est proposé en créant le monde » nous montre ce décalage entre la hauteur des questions métaphysiques (ici la question de Dieu et de la création) et l'insuffisance de l'esprit humain pour leur répondre. [...]
[...] Si la théologie semble légitime dans le cadre de la révélation des écritures, fondée sur celle-ci, comme le démontrera Malebranche à la suite de Descartes ; il en va autrement de la métaphysique, laquelle ne doit se fonder sur rien d'autre que sur l'usage de la raison. Dès lors, il faut pour que celle-ci puisse se fonder en vérité, exiger d'elle qu'elle détermine avec précision son objet véritable de connaissance, comme n'importe quelle science le ferait en cherchant sa fondation. Si les sciences de la nature cherchent leurs lois au travers de l'observation des causes et des effets matériels des phénomènes, qu'en est-il de la métaphysique, quel est son objet et à partir de quels principes pourraient-elle déduire des lois de façon certaine ? [...]
[...] L'ordre des raisons laisse donc entrevoir un désordre, une limite consubstantielle à la nature de notre rationalité. Il faut accepter de ne pas pouvoir tout savoir pour commencer à véritablement connaître et parvenir à affermir notre jugement et nos actions, dans un monde moins certain et moins ordonné qu'il ne le paraissait jusqu'à lors. Descartes inaugure donc une époque de doute et d'inquiétude quant- à la destination morale et intellectuelle de l'humanité, plus qu'une période de certitude concernant ses puissances. [...]
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