Humilité, vertu, lucidité, orgueil, éthique, morale humaine, Spinoza, Nietzsche, Voltaire, connaissance de soi, estime de soi, liberté, confiance en soi, domination, forces et faiblesses
Dans le domaine de la philosophie humaine, on se questionne souvent sur la vertu de l'humilité. On la lie directement à la bonté et à la sagesse, mais, en vérité, tout cela reste assez flou. Être humble, est-ce juste se mettre en retrait, éviter de se vanter, ou est-ce quelque chose de plus profond, une façon particulière de se situer dans le monde ?
[...] Montaigne, dans les Essais, illustre bien cette attitude : il reconnaît ses limites, ses faiblesses, ses contradictions, mais sans s'en accabler. Montaigne montre que l'humilité ne se limite pas à soi, elle guide aussi nos rapports avec les autres. Il critique l'orgueil et l'arrogance, qui conduisent souvent à des conflits et à des jugements excessifs. Être humble, pour lui, c'est adopter une attitude mesurée, capable de tolérance et de respect envers autrui. L'humilité est alors une honnêteté envers soi-même, une manière de refuser l'illusion et la vanité. [...]
[...] C'est d'abord selon certains une manière de soumettre l'humble en le plaçant sous la coupe de son manque de confiance en lui. Nietzsche, dans La Généalogie de la morale, essai polémique publié en 1887, critique la valorisation chrétienne de l'humilité en la présentant comme une invention des faibles pour contenir la force des puissants. Pour lui, la morale de l'humilité procède d'un « ressentiment » : les esclaves, incapables d'affirmer leur puissance, ont inventé une valeur qui rabaisse ceux qui réussissent à s'imposer. [...]
[...] Quelle est la véritable dimension de l'humilité comme valeur morale et quelles peuvent-être ses conséquences sur l'Homme ? Dans le domaine de la philosophie humaine, on se questionne souvent sur la vertu de l'humilité. On la lie directement à la bonté et à la sagesse mais, en vérité, tout cela reste assez flou. Être humble, est-ce juste se mettre en retrait, éviter de se vanter, ou est-ce quelque chose de plus profond, une façon particulière de se situer dans le monde ? [...]
[...] Une telle attitude, loin d'être une vertu, peut enfermer l'individu dans l'impuissance et la passivité. Spinoza lui-même critiquait une humilité excessive dans son ouvrage Ethique (publié en 1677), pour lui « l'humilité est un sentiment de tristesse qui provient de ce que l'homme contemple son impuissance et sa faiblesse » et cette humilité ne permettrait donc pas d'accéder à une paix intérieure puisque toujours selon lui « la paix intérieure est un sentiment de joie qui provient de ce que l'homme contemple son être et sa puissance d'agir ». [...]
[...] Elle peut désigner le refus de l'orgueil, comme chez Socrate ou Augustin, et constituer la condition d'un rapport authentique à la vérité. Elle peut aussi, dans une perspective critique, être comprise comme un affaiblissement de soi et comme une morale contraignante qui bride l'élan vital, comme l'a montré Nietzsche. Mais elle peut enfin se penser comme une vertu positive, fondée sur la lucidité et sur l'ouverture, qui permet à l'homme de se libérer de l'illusion et de vivre avec plus de justesse et de meilleures conditions sociales. [...]
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